Un maximum de kilomètres sans quitter Paris: Manuel Da Cunha et Philippe Dieumegard remontent sur leur machine

SPORT Les deux ultramarathoniens partent ce dimanche pour six jours et six nuits d'efforts. Manuel tentera de faire plus de 827 km sur tapis roulant, Philippe plus de 2.796 km sur un vélo fixe...

Fabrice Pouliquen

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Manuel Da Cunha, au centre, et Philippe Dieumegard, à gauche, lors d'un entrainement en février, en compagnie d'un autre ultramarathonien, Pierre Michael Micaletti.
Manuel Da Cunha, au centre, et Philippe Dieumegard, à gauche, lors d'un entrainement en février, en compagnie d'un autre ultramarathonien, Pierre Michael Micaletti. — @Stéphane Félicité

Ils n’en ont pas assez bavé l’an dernier. Et puis il y a ces records à battre qui leur trottent dans la tête. Alors dimanche, entre 12h et 12h30, Manuel Da Cunha, 40 ans, et Philippe Dieumegard, 60 ans, remontent sur leur machine. Un tapis roulant pour le premier, un vélo home-trainer pour le second.

Comme en janvier 2014, cela se passera à l’Institut national de Podologie (INP), rue Sainte-Anne (1er). Comme en janvier 2014, le pari est d’avaler le plus de kilomètres possible en six jours. Manuel Da Cunha vise au moins 726 km, histoire de battre son record de l’an dernier. Mais il a un autre objectif en tête : les 823 km du Français Pierre Michael Micaletti, le record mondial. Philippe Dieumegard, déjà détenteur du record mondial, devra lui se battre contre lui-même et dépasser les 2.796 km parcourus l’an dernier.

20 heures par jour sur leurs machines

Pour y parvenir, il n’y a guère de secret : les deux ultramarathoniens devront passer 20h par jour sur leurs machines. Après, il y a deux manières d’aborder l’épreuve. Celle de Manuel Da Cunha, très mathématiques : « Le premier jour, ma vitesse variera entre 9,6 et 10 km/h, puis entre 8,3 et 8,9 km/h le deuxième jour, entre 7,7 et 8 km/h le troisième jour… ». Philippe Dieumegard dit la jouer plus aux sensations : « le départ sera à 30km/h. Après ?…. j’en sais rien du tout, lâche-t-il dans un éclat de rire. J’ai un plan de marche en tête, mais je le garde pour moi. Une fois dans l’effort, ces prévisions sautent bien souvent de toute façon. »

Manuel Da Cunha prend une petite pause méritée, lors d'une entraînement, le 21 mars 2016.
Manuel Da Cunha prend une petite pause méritée, lors d'une entraînement, le 21 mars 2016. - Stéphane Félicité

 

Manuel Da Cunha et Philippe Dieumegard ne le savent que trop bien. Sur un six jours indoor, il n’y a pas que les jambes qui comptent. Le moral, la capacité à gérer la fatigue et la déshydratation comptent aussi énormément. « Un tapis roulant ne s’arrête pas. Un petit moment de déconcentration peut virer à la chute et au drame », explique Manuel Da Cunha.

L’erreur des chaussettes synthétiques

Pour leur deuxième tentative, les deux ultramarathoniens se disent mieux préparer. « On a levé le pied sur nos programmes de courses en extérieur pour se concentrer sur ces six jours indoor, racontent-ils. Surtout, l’an dernier, quelques jours avant le début de l’épreuve, nous avions été l’objet d’une batterie de mesures médicales et scientifiques à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil qui nous avaient tout de même fatigués. Nous arrivons beaucoup plus reposés cette fois-ci. »

Le vélo de Philippe Dieumegard.
Le vélo de Philippe Dieumegard. - Stéphane Félicité

 

Les deux Parisiens ont aussi engrangé de l’expérience. Manuel Da Cunha ne fera pas l’erreur d’enfiler des chaussettes synthétiques avant de monter sur le tapis roulant cette fois-ci. « J’avais fait une réaction allergique, c’était l’horreur, rigole-t-il aujourd’hui. C’est bête, mais c’est un détail qui m’a coûté 5heures. » Philippe Dieumegard, lui, a retenu la nécessité de partir moins vite : « Je n’avais pas fait assez de pauses les premières 24 heures la dernière fois et j’avais fini par le payer. Il faudra que je prenne sur mon orgueil cette fois-ci. »

« Le sprinteur Jimmy Vicaut était passé l’an dernier »

Mais si ces deux-là savent où ils vont à compter de ce dimanche, ce n’est pas une raison pour ne pas aller leur tenir compagnie. 45 élèves de l’INP se relaieront déjà pour ne jamais laisser seul les deux sportifs. « Alors qu’ils sont en vacances », remercie Manuel Da Cuhna.

Rien ne vous empêche d’en faire autant. Leur tentative de record se déroule au rez-de-chaussée de l’institut « dans une pièce qui sera ouverte au public 24h/24, précise Stéphane Félicité qui s’occupe de la logistique du projet. L’an dernier, le sprinteur Jimmy Vicaut était passé faire un coucou en pleine nuit. Un superbe moment. »

Une performance à suivre aussi en live

Les six jours indoor de Manuel Da Cunha et Philippe Dieumegard seront aussi à suivre sur Internet, en direct, sur le site www.sixjoursextremes.com