Paris: Le coût de la vie, toujours plus élevé qu'en province

NIVEAU DE VIE Un Parisien dépense en moyenne 9% de plus qu’un provincial, pour le même niveau de vie, selon une étude de l’Insee dévoilée ce jeudi…

Pierre-Antoine Lefort

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Illustration d'un couple faisant ses courses dans un supermarché parisien. En moyenne, les prix de l'alimentation sont 6% plus élevés à Paris qu'en province, selon l'Insee.
Illustration d'un couple faisant ses courses dans un supermarché parisien. En moyenne, les prix de l'alimentation sont 6% plus élevés à Paris qu'en province, selon l'Insee. — DURAND FLORENCE/SIPA

Vivre à Paris revient toujours plus cher qu’en province. Environ 9 %, selon une étude sur « les écarts de vie en France », publiée ce jeudi par l’Insee. Et presque tous les postes de dépenses courants sont concernés. Seuls les biens culturels (ordinateurs, appareils photos, livres…) reviennent moins cher en région parisienne.

L’écart de niveau de vie de 8,8 % est en majeure partie explicable par le coût des loyers parisiens. A caractéristiques comparables (surface, nombre de pièces, étage), un parisien payera son logement près de 50 % de plus qu’un provincial. « Cela ne comprend pas les aides au logement, qui peuvent changer le coût réel du logement », explique Ronan Mahieu, chef du département des comptes nationaux à l’Insee.

Des dépenses d’hébergement et de santé beaucoup plus chères…

Selon l’institut, cette différence élevée explique à elle seule près du tiers de l’écart global des prix. Mais d’autres postes de dépenses restent plus importants à Paris. Ainsi, en région parisienne, les services d’hébergement (gîtes, hôtellerie) reviennent près de 20 % plus cher. Par exemple, une chambre à 70 euros en province coûtera 84 euros à Paris.

Pareil pour les dépenses de santé (6,5 % de plus dans la capitale). « Pour les médicaments, l’écart est nul, détaille Ronan Mahieu. Mais les consultations ont un coût beaucoup plus important (+12 % en moyenne), à cause des dépassements d’honoraires plus courants. »

… Mais plus modérées pour l’alimentation et le transport

Certaines différences restent toutefois plus mesurées. 6 % en moyenne pour l’alimentation, 6 aussi pour le transport. « Le coût des véhicules et des carburants sont assez homogènes », continue Ronan Mahieu. Mais les différences de prestation (maillage, horaires…) rendent difficile la comparaison des différents transports publics.

Marie Leclair, cheffe de la division des prix à la consommation de l’Insee, indique que l’institut « veut collecter des prix de produits comparables. On ne veut pas des produits différents. C’est assez simple pour le hamburger, c’est plus compliqué pour les transports publics. ». L’Insee a donc établi le panier d’un consommateur moyen pour pouvoir comparer.

Seul motif de satisfaction pour les habitants de la capitale, ils gagnent en moyenne, à qualifications comparables, plus que leurs compatriotes de province, selon une autre étude de l’Insee. Ainsi les ouvriers et employés gagnent entre 8 et 10% de plus en Ile-de-France, alors qu'un cadre parisien gagne 5 euros brut de l'heure de plus que la moyenne nationale.