#NuitDebout: La préfecture de police autorise la reprise du mouvement ce lundi soir

CONTESTATION Malgré l’évacuation ce lundi matin, les organisateurs de #NuitDebout ont déposé une nouvelle déclaration de manifestation auprès de la préfecture de police de Paris qui a été acceptée…

Clémence Apetogbor
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Le mouvement
Le mouvement — JOEL SAGET / AFP

La place de la République à Paris, où s’est installé depuis le 31 mars le mouvement de contestation #NuitDebout, a été évacuée ce lundi matin, mais les manifestants seront de retour dès ce lundi soir. Les organisateurs de #NuitDebout ont en effet déposé une nouvelle déclaration de manifestation à la préfecture de police de Paris qui a été autorisée.

Ce lundi matin, dès 5h30 et dans le calme, une centaine de CRS ont demandé aux dizaines de militants toujours sur place de démonter les tentes installées et de quitter les lieux. Les services de la ville de Paris étaient également sur place.



L’évacuation de ce lundi matin « visait prioritairement à enlever les structures fixes, conformément aux déclarations de manifestation déposées qui prévoyaient un démontage dimanche en fin de soirée », a expliqué la préfecture de police de Paris. Mais selon la source policière, « une nouvelle déclaration de manifestation a été déposée, signifiant que le mouvement pourra reprendre (dès ce) lundi soir ».

Un mouvement qui dure

Depuis le 31 mars, jour de manifestation contre le projet de loi Travail, plusieurs milliers de personnes passent leur nuit sur des places françaises, dont celle de la République à Paris, à l’appel du collectif #NuitDebout. Ce mouvement réuni chaque soir des dizaines voire des centaines de personnes qui débattent jusque tard dans la nuit et réclament une société plus juste.

L’autorisation de la préfecture d’occuper la place de la République prenait fin dimanche soir.

Un mouvement marqué par les violences 

Dans la nuit de samedi à dimanche, huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue après des incidents à Paris, en marge du rassemblement « Nuit debout », a annoncé dimanche la préfecture de police de Paris (PP).

Le maire PS du 3e arrondissement de Paris, Pierre Aidenbaum, a fait part de sa colère dimanche soir, sur le plateau de iTélé, et « condamné fermement » les débordements de la veille. « Il faut remettre de l’ordre sur la place de la République. C’est une place populaire, une place pour tout le monde. Aujourd’hui, les habitants de nos arrondissements, les Parisiens ne peuvent plus y accéder, il faut qu’on revienne véritablement à un État de droit sur cette place de la République », a dit Pierre Aidenbaum.

La mairie de Paris a quant à elle fait savoir qu’elle demanderait un « constat d’huissier » concernant les éventuelles dégradations sur la place. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), a demandé « l’évacuation » de la place « ou alors » sa « sécurisation » par « les manifestants eux-mêmes ».

Des « CRS debouts »

Ce lundi, sur France Info, le premier secrétaire du Parti socialiste s’est exprimé sur l’évacuation en cours place de la République.

« Dénoncer n’est pas interdire », a rappelé Jean-Christophe Cambadélis, répondant ainsi aux déclarations de Pierre Aidenbaum. « Tant que c’était bon enfant, on pouvait tolérer, mais depuis quelques jours, la violence s’est invitée. Les organisateurs (du mouvement Nuit Debout) ont fait appel aux CRS. La difficulté est là. On peut dialoguer, c’est un élément de notre société, mais si ça tourne à la violence on ne peut pas le tolérer », a-t-il affirmé.


Interrogé sur les mesures qui pourraient être prises pour encadrer le mouvement et éviter les violences, Jean-Christophe Cambadélis a donné une réponse inédite. « Il pourrait y avoir des CRS debouts, qui seront là pour faire en sorte que les violences ne viennent pas perturber ceux qui veulent discuter », a-t-il dit.