#NuitDebout: Comment la mairie de Paris suit le mouvement?

MANIFESTATION Près d’une semaine après le début de #NuitDebout et la sortie d’Anne Hidalgo sur les lieux publics qui «ne peuvent pas être privatisés», la ville semble se faire discrète sur ce mouvement…

Romain Lescuieux
La #NuitDebout ce lundi, place de la République
La #NuitDebout ce lundi, place de la République — SIPA PRESS

« Les lieux publics ne peuvent pas être privatisés, il y a des mesures de sécurité », avait déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, vendredi dernier sur France Info, au lendemain de la première #NuitDebout. Et d’ajouter : « J’ai beaucoup de respect pour tous les mouvements. Il faut que la ville soit très ouverte et accueillante », mais « en même temps, les lieux publics ne peuvent pas être utilisés librement, qu’elles que soient les intentions, belles ou moins belles. On est obligés de faire respecter un peu d’ordre dans cette ville. Cela dit, ils ont pu profiter hier (31 mars), et c’est bien ainsi », avait-elle détaillé sur les ondes.

Depuis, le mouvement #NuitDebout, qui se veut citoyen, se poursuit chaque soir jusqu’au petit matin, sur une moitié de la place de la République, en présence de plusieurs centaines de manifestants pacifiques. Et depuis sa sortie médiatique, Anne Hidalgo - à l’initiative d’une Nuit des débats samedi soir dernier - n’est pas revenue sur le sujet. Même ses adjoints (PS, PC, EELV) réagissent peu ou pas dans les médias et sur les réseaux sociaux, alors que certains de leurs communicants, eux, n’hésitent pas à promouvoir la #NuitDebout.


« La maire de Paris a demandé à des élus de se rendre sur place »

« Ce sont des démarches personnelles. Chacun s’exprime librement et pense ce qu’il veut », répond à 20 Minutes, une source proche de l’entourage d’Anne Hidalgo, mentionnant néanmoins que « la maire de Paris a demandé à des élus de se rendre sur place dimanche ». Notamment pour « veiller à ce que tout se passe dans de bonnes conditions », précise cette même source. Parmi cette délégation d’adjoints : Mao Peninou, adjoint en charge de la propreté et du traitement des déchets.

« Le but était de voir comment ça se passait à la fois d’un point de vue municipal, sur les conditions d’occupation de cette place. Mais aussi d’un point de vue politique. Nous regardons ça avec intérêt et curiosité. Car cela fait écho au discours de la mairie sur le principe du débat, de la parole libre et de la réappropriation de la démocratie par les citoyens », réagit Mao Peninou, précisant qu’il n’y a « pas de consignes » et que sa présence découle davantage « d’une concertation » avec l’édile qui reste donc avant tout attentive aux respects des règles.


« Ça ne peut pas devenir un campement »

« Chacun a le droit d’exprimer ses convictions et manifester. Mais cela implique un cadre légal à respecter. Soit une autorisation avec un temps donné sur un endroit donné. Ça ne peut donc pas devenir un campement. Car ce serait une privatisation de l’espace public », rappelle-t-on dans l’entourage de l’exécutif parisien. Pour se rassembler, les organisateurs de #NuitDebout transmettent en effet quotidiennement une demande à la Préfecture de police, qui après avis de la Mairie, accepte ou non.

« Nous étudions s’il n’y a pas de risques de trouble à l’ordre public et de circulation. Mais jusque-là, il n’y a pas eu de problèmes », note-t-on du côté de la Préfecture de police. Même constat pour la Ville. « Pour le moment tout se passe dans de bonnes conditions et dans un bon esprit. Aucun incident n’est à déplorer ». Dans ce contexte, Anne Hidalgo, également critique à l’égard de la loi Travail, rendra-t-elle visite aux « Nuit Deboutistes » ?

« Ce n’est pas prévu qu’elle vienne »

Après la réaction Anne Hidalgo, « qui nous a accusés de privatiser l’espace public, certains ont voulu répondre par une lettre et lui remettre lors de son éventuelle venue place de la République », indique à 20 Minutes, un des organisateurs de la #NuitDebout à Paris. « Finalement, elle n’est pas venue, donc je ne sais pas où ça en est », conclut-il. « Ce n’est pas prévu qu’elle vienne », répond-on à la Mairie. « Il n’y a pas de volonté de récupération mais elle voit ce mouvement d’un bon œil », assure une autre source.