Djamel Houmani, «parrain» présumé de la cité des 4.000, à nouveau devant le tribunal

JUSTICE Djamel Houmani est jugé seul à Bobigny à partir de ce jeudi pour trafic de stupéfiants...

F.F.
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La Cité des "4000" à La Courneuve
La Cité des "4000" à La Courneuve — Jacques Demarthon AFP

Jamais deux sans trois ? Djamel Houmani, 30 ans, comparaît pour la énième fois devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce jeudi. Déjà condamné pour une affaire de vol aggravé et une tentative d’évasion, il est jugé pour association de malfaiteurs, infraction à la législation sur les stupéfiants et sur les armes, et blanchiment. Soit, en gros, pour trafic de drogue dans son fief de la cité des 4.000, à la Courneuve, entre 2013 et 2014.

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Les autres prévenus de la même affaire, dont le frère aîné de Djamel, Hamid, avaient presque tous été jugés en octobre, à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison. Car le trafic de drogue à la Courneuve, c’est avant tout une histoire de famille. En août 2013, 219kg de résine de cannabis sont saisis dans un garage d’Aubervilliers. Grâce à des mises sur écoute et sous surveillance, les policiers remontent jusqu’aux frères Houmani et les arrêtent en mai 2014, en même temps que neuf autres personnes.

Tentative d’évasion et kidnapping

La famille est bien connue des services de police. Outre Djamel et Hamid, considérés par les enquêteurs comme des « parrains » de la drogue de la Courneuve, d’autres membres de la famille ont déjà eu affaire à la police. Le 4 janvier 2011, leur mère diabétique, Fatima, ainsi qu’un autre frère, Kamel, en fauteuil roulant depuis un règlement de comptes, sont kidnappés contre une rançon d’un million d’euros. Étonnamment, les frères Houmani se tournent alors vers la police… L’antigang prend l’affaire en charge et parvient à libérer les deux otages, retenus dans le Loiret, dès le lendemain. Le kidnappeur, Salim Charifi, est arrêté et condamné à 12 ans de prison.

Mais l’histoire qui a vraiment fait connaître les Houmani de la police s’est déroulée le 16 mai 2009. Alors que Djamel est arrêté pour avoir tiré avec un pistolet à grenailles sur une voiture de police dans la cité des 4.000, et conduit à l’hôpital de Bondy, le véhicule se fait bloquer par une voiture. Plusieurs individus en sortent et ouvrent le feu à la kalachnikov sur les forces de l’ordre, parvenant à libérer Djamel Houmani. Celui-ci est rattrapé peu après et interpellé. les deux frères, Djamel et Hamid, ont été condamnés à sept et cinq de prison pour cette tentative d’évasion à la kalachnikov.

Plus de deux ans après cette histoire, en décembre 2011, Hamid est interpellé lors d’une perquisition dans une sandwicherie de la Courneuve. Sur place, les policiers retrouvent 3.700 euros, un millier de tickets-restaurant et une Porsche Cayenne. Karim, le quatrième frère, est arrêté un peu plus tard. Condamnés en première instance, ils sont relaxés par la cour d’appel de Paris en 2012… Ce nouveau procès sonne un peu comme une revanche, pour les enquêteurs. Si l’on se réfère aux condamnations prononcées en octobre pour les prévenus du même réseau, le dossier semble cette fois plus solide qu’en 2011…