VIDEO. #NuitDebout: A République, les «deboutistes» ne sont pas près de se coucher

REPORTAGE Plusieurs centaines de manifestants pacifiques se sont rassemblés ce mardi soir, place de la République, pour une sixième #NuitDebout…

Romain Lescurieux

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Des manifestants du mouvement  #NuitDebout, place de la République, à Paris, le 5 avril 2016.
Des manifestants du mouvement #NuitDebout, place de la République, à Paris, le 5 avril 2016. — E.VERDIER/AFP

Loin d’être couchée la #NuitDebout ? « Ce n’est pas un mouvement de jeunes. C’est un mouvement d’hommes, de femmes. De citoyens. Et il faut que ça dure encore longtemps » crache au micro, une chômeuse de longue durée. Face à cette sexagénaire, la foule applaudit. Ce mardi soir, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés place de la République pour une sixième #NuitDebout consécutive ou plutôt le 36 mars, selon le calendrier des « Nuits Deboutistes ».

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Ce mouvement - qui fait des petits à travers la France  - a en effet débuté le jeudi 31 mars. A l’appel du collectif Convergence des Luttes, les manifestants ont été invités à occuper « une place, un lieu, on verra bien où » disaient-ils. Ils sont alors tombés naturellement place de la République. Avec un but : protester contre le projet de loi Travail. Mais finalement, pas seulement.

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Le mouvement #NuitDebout le 5 avril 2016 place de la République
Le mouvement #NuitDebout le 5 avril 2016 place de la République - Elliott VERDIER / AFP

Merguez et « justice sociale »

Au fil des heures, ce mardi soir, la place de la République qui prend l’allure d’un véritable village solidaire ne cesse de gonfler. Des poussettes sont stationnées à côté de la crèche, la cantine aux « prix libre » ne désemplit pas et l’infirmerie prend forme. Des militants croisent des passants, des curieux et des plus convaincus. Ça rigole, ça échange. Les effluves de grillades se mêlent dans certains coins à ceux du poppers. Et à côté du stand de merguez, Annie, 67 ans, regarde les gens avec beaucoup d’amour.

« J’ai toujours manifesté pour la justice sociale. Lorsque j’ai entendu qu’il y avait ce mouvement, j’ai décidé de venir », raconte cette ancienne chercheuse. « Depuis, je viens tous les soirs. Ça prend de l’ampleur. Tout le monde s’exprime », poursuit cette femme qui a suivi en 2012 la tentative de certains d’organiser un mouvement des Indignés en France. Mais selon elle, quatre ans plus tard, « il y a une prise de conscience » : Loi Travail, attentats, « Panama Papers »… qu’importe le déclencheur. « Nous avons mis du temps mais la France est prête pour un mouvement citoyen », assure-t-elle. Non loin l’AG se poursuit.

« Les gens veulent renouer avec les valeurs de solidarité »

Le micro se passe de main en main. Au menu : le sort des lycéens interpellés lors de la manifestation du jour même, l’accueil des réfugiés, la précarité, le chômage. Les mains se secouent en l’air pour approuver certaines décisions. En retrait, Angéline qui vient pour la première fois découvre les us et coutumes. « Je suis venue voir, comprendre », sourit-elle. Habitué des manifestations étudiantes, Tristan, 21 ans, veut « montrer qu’on peut se mobiliser », enchérit-il.

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« Je suis intrigué par l’ampleur que ça prend. Nous aimerions que ce mouvement continue, se poursuive. Mais comment ? Jusqu’où ? Je suis venu pour suivre », affirme Hélène, 40 ans, à la recherche d’un emploi. Mais une chose est certaine : « Les gens ont envie de renouer avec les valeurs de solidarité », conclut-elle. Laurent, 33 ans, veut, lui, aller plus loin.

« Pour le moment, la #NuitDebout ce n’est pas grand-chose. C’est l’esquisse d’une possibilité de rencontres et d’actions communes. C’est un mouvement citoyen qui ne demande qu’à s’élargir. Et selon, la configuration, je suis prêt à tout ». A côté du socle de la Marianne, des ateliers constituants se mettent en place. L’objectif est affiché en couleurs sur une pancarte : « Ecrivons nous-mêmes la prochaine Constitution ».