VIDEO. Loi travail: Troisième #NuitDebout à République pour la «convergence des luttes»

SOCIETE Plusieurs centaines de manifestants occupent la place parisienne, depuis la manifestation de jeudi...

20 Minutes avec AFP

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«Nuit debout» sur la place de la République, le 2 avril 2016.
«Nuit debout» sur la place de la République, le 2 avril 2016. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Ils ne dorment pas, c'est la «Nuit debout». Ils n'ont pas tous les mêmes espoirs, pas les mêmes revendications, mais une même volonté. Ils appellent ça la «convergence des luttes». Depuis trois nuits, plusieurs centaines de manifestants occupent la place de la République, en plein cœur de Paris, dans la foulée de la manifestation contre la loi travail. Au petit matin, les quelques dizaines qui sont encore là sont délogées par les forces de l'ordre.

Bâches tendues entre les arbres de la place, une scène où l'on improvise un rap au micro, sandwiches préparés par des bénévoles et des slogans qui ont comme un air de déjà vu. «Je lutte des classes», «Rêve générale», «Désobéis aux lois injustes».

Loi travail, violences policières ou Droit au logement.

Ici, les combattants - qui dorment peu, «nuit debout» oblige - sont plutôt jeunes, mais pas tous. Certains sont contre la loi travail, d'autres dénoncent «les dérives sécuritaires», «les violences policières». D'autres encore insistent sur le combat pour le Droit au logement.

«Il ne faut pas défendre la place de la République, mais défendre notre place dans la République», s'écrie Michel au mégaphone. «Il faut arrêter de vouloir structurer un mouvement, sinon il arrête d'être un mouvement». Applaudissements dans la foule rassemblée sous la pluie ce samedi soir.

«Quelque chose est en train de naître»

Pas de structure, une particularité du phénomène «Nuit Debout» (porté par son hashtag sur les réseaux sociaux). Des tentes disséminées sur la place, pas d'organisateurs, mais des commissions créées à la hâte: action, communication, intendance etc. «On décentralise, et on décide de tout en AG: on a des centaines de personnes qui doivent travailler ensemble du jour au lendemain», explique Cassien, 24 ans.

«Quelque chose est en train de naître», analyse Oumar, 18 ans, un bandana multicolore sur la tête. «Maintenant je vois pas encore à quoi ça ressemble», ajoute-t-il.

Les indignés de la Puerta del Sol à Madrid, un mouvement spontané apparu en mai 2011 en Espagne pour dénoncer l'austérité et la corruption... La comparaison est tentante. «C'est le même mode d'action», reconnaît Anna, 23 ans, photographe. Mais pour elle, tout cela est «beaucoup plus prosaïque et désespéré». «Il faut redonner confiance en leur propre pouvoir aux gens, poursuit-elle. On leur a fait croire qu'ils étaient impuissants».