Paris: Dans les quartiers touristiques, louer sur Airbnb peut rapporter gros

LOCATION Selon une étude publiée ce mercredi par le Journal du Net (JDN) et MeilleursAgents.com...

M.G. avec AFP

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Illustration d'immeubles parisiens.
Illustration d'immeubles parisiens. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Dans une dizaine de quartiers touristiques de Paris, la location d’un petit appartement, studio ou deux pièces via le site Airbnb peut rapporter jusqu’à trois fois et demi plus qu’une location classique, selon une étude publiée ce mercredi.

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Dans la capitale, « il suffit de louer son logement douze jours via Airbnb pour générer l’équivalent d’un mois de loyer », selon cette étude réalisée par le Journal du Net (JDN) et MeilleursAgents.com à partir de données du site Inside Airbnb.

Sur les quelque 35.000 logements parisiens proposés sur la plateforme (2,6 % du parc de logements de la capitale) en septembre 2015, la rentabilité potentielle des studios et 2 pièces inférieurs à 50 m2, soit 8.000 d’entre eux, a été scrutée.

L’équivalent d’un mois de loyer en 9 à 10 nuitées 

Il apparaît que dans les 10 quartiers parisiens les plus touristiques tels que Notre-Dame, Palais Royal, Odéon, Saint-Placide, Place Vendôme ou encore Élysées/Madeleine, 9 à 10 nuitées de location suffisent à générer l’équivalent d’un mois de loyer. Dans le quartier Notre-Dame, au sein du 9e arrondissement, louer sur Airbnb peut même rapporter jusqu’à 3,5 fois plus que la location longue durée, affirme l’étude.

Un studio ou 2 pièces de moins de 50 m2 génère en effet dans ce quartier très touristique, en moyenne 1.216 euros par m2 et par an sur Airbnb, contre 352 euros en location classique. Mais pour atteindre un tel gain, il faut que le logement soit loué 85 % du temps, soit le taux d’occupation maximal sur ce type de plateforme, proche de celui d’une location classique (en tenant compte de la vacance entre deux locataires notamment).

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Seuls les loueurs proposant plusieurs logements peuvent atteindre de tels niveaux d’occupation, soit à Paris moins d’un sur cinq, selon le site Inside Airbnb. « Il est difficile de ne pas céder aux sirènes de la plateforme internet, vu ce que la location de tout ou partie de son logement par son intermédiaire peut rapporter », commentent les auteurs de l’étude.

Autorisation de la municipalité

En moyenne, louer sur la plateforme Airbnb rapporterait ainsi 2,6 fois plus que la location longue durée classique dans ces 10 quartiers, pour les biens de petite surface, à taux d’occupation similaire (85 %). Un studio ou 2 pièces de moins de 50 m2 dans ces quartiers très touristiques de la capitale peut ainsi rapporter 763 euros du m2 par an en moyenne, soit près de 23.000 euros pour un appartement de 30 m2, selon l’étude.

A l’inverse, dans des quartiers plus périphériques tels que celui des Amandiers dans le 20e arrondissement, louer via Airbnb ne rapportera au maximum, que le double de la location classique. Mais cela devient d’autant plus théorique que le taux d’occupation des biens proposés sur Airbnb « peut chuter considérablement », note l’étude, dans les zones moins touristiques.

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Selon Inside Airbnb ce taux est d’environ 27 % pour l’ensemble des logements proposés dans la capitale. En outre, un particulier ne peut louer sa résidence principale sans en changer l’affectation que jusqu’à 4 mois par an, soit pas plus de 10 jours par mois en moyenne : au-delà, il doit déclarer son bien comme « meublé de tourisme » auprès de la municipalité - si toutefois le règlement de sa co-propriété l’autorise.

A Paris, il faut de surcroît obtenir une autorisation de la municipalité, rappelle l’étude.