Lycéen frappé par un policier: «Que justice soit faite»

VIOLENCE Une centaine de lycéens se sont rassemblés ce vendredi devant le lycée de Bergson (19e) pour dénoncer le traitement subi la veille par un camarade, frappé par un policier…

Romain Lescurieux

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Les grilles du lycée Bergson (19e) ce vendredi matin
Les grilles du lycée Bergson (19e) ce vendredi matin — R.LESCURIEUX

« La Jeunesse en détresse ». Taguée en rouge sang, cette phrase a fleuri sur un mur de la rue Édouard-Pailleron dans le 19e arrondissement aux abords du lycée Henri Bergson où une centaine de lycéens se sont rassemblés ce vendredi matin. Réunis autour de parents d’élèves et d’enseignants, ils ont dénoncé le traitement subi la veille par un camarade, frappé par un policier, en marge de la manifestation de ce jeudi.

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« On avait que des œufs », soupire Stanley, devant les grilles de l’établissement sur lesquelles desimages tirées de cette vidéo ont été épinglées. « Nous attendons désormais que justice soit faite pour notre camarade », lance cet élève de terminal, capuche sur la tête, alors que le fonctionnaire de police est auditionné cet après-midi. Et ce, dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

« Nous sommes unis contre les violences policières »

Des pétards et fumigènes s’allument dans la foule. Des cris retentissent, suivis d’applaudissements. « Nous sommes là pour ceux qui se sont fait arrêter et contre la loi Travail », rappelle au mégaphone une jeune fille. Au milieu, Abel, Adrien et Thomas sont aussi présents pour dire « stop aux violences ». « Cette vidéo est choquante, injuste et dramatique. Ce genre d’événement ne doit plus se reproduire », s’exclame le premier. Les deux autres embrayent en chœur : « Que justice soit faite ».

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Se déroulant dans le calme au début, le rassemblement a très vite pris de l’ampleur avec l’arrivée d’autres élèves et des étudiants venus de facs parisiennes. « Nous sommes pour les soutenir et montrer que nous sommes unis contre les violences policières », explique Arthur étudiant à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Devant l’entrée, le proviseur rappelle, lui, qu’une réunion doit se tenir avec les élèves pour « expliquer, calmer les esprits et repartir », balaye-t-il brièvement. Mais les lycéens ne l’ont pas entendu de cette oreille.

Projectiles contre les commissariats du 10e et 19e

Formés en cortège, peu après 11 heures, ils se sont dirigés vers le commissariat central du 10e arrondissement. Là, au son de slogan anti-police, et dans un brouillard de fumigènes, ils ont renversé des poubelles et des barrières et jeté des projectiles contre la façade du bâtiment. Puis, si une bonne partie du cortège a rebroussé chemin vers le lycée Bergson, d’autres se sont rendus au commissariat du 19e arrondissement.

Ils ont alors jeté des pierres et tenté de briser ses vitres blindées en se servant de planches en bois comme d’un bélier, alors que les policiers étaient retranchés à l’intérieur.

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Au bout d’une dizaine de minutes, les jeunes ont quitté les lieux, et une trentaine de policiers en tenue anti-émeute ont pris place devant le bâtiment, dont plusieurs vitres sont fendillées. Le calme est alors revenu. Et sur la façade du commissariat un tag a été laissé : « Mort aux flics ».