Paris: Bar à nuggets, à pop-corn ou à chips… Nous avons soumis nos idées à des spécialistes

COMMERCES « Céréaliste », le premier bar à céréales de France a ouvert il y a une semaine à Paris… « 20 Minutes » a demandé des conseils à ses fondateurs…

Romain Lescurieux

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A l'intérieur de «Céréaliste», le bar à céréales
A l'intérieur de «Céréaliste», le bar à céréales — R.LESCURIEUX

Huîtres, confitures, insectes… Depuis quelques années, le concept de « bar à » s’inscrivant dans la tendance du mono-produit fleurit dans la capitale. Le dernier en date à avoir ouvert ses portes est « Céréaliste », un bar à céréales. Fondé par une bande de cinq potes entre 25 et 28 ans. L’établissement – unique en France - propose 30 sortes de céréales et 15 laits différents.

Nous aussi, on veut se lancer…

Alors, face à ce phénomène de boutique mono-produit,le service Paris de 20 Minutes a brainstormé sur des concepts de « bar à » qui n’existeraient pas encore et a soumis son business plan à Fred, cofondateur de « Céréaliste » et Bernard Boutboul, directeur général du cabinet Gira conseils, spécialiste du marché de la consommation alimentaire. Voici le résultat.

Le bar à nuggets : Dans une ambiance cosy et sans chichi, nous proposons une délicieuse gamme de nuggets accompagnés d’une farandole de sauces américaines. Cuits avec de l’huile 100 % bio, nos nuggets « faits maison » peuvent se partager ou se déguster seul pour la modique somme de 5 euros la dizaine. L’analyse des spécialistes : « Ça peut éventuellement marcher à condition de ne pas se baser uniquement sur le poulet. Vous pouvez par exemple faire des nuggets de poisson ou de bœuf. Et surtout proposer divers accompagnements. Des frites mais pas seulement. Enfin, vous pouvez aussi jouer sur la forme des nuggets ». « On a tous grandi avec les céréales. Pas les nuggets », note Fred.

Le bar à chips : Chips au concombre, chips au bacon, chips au wasabi, chips aux huîtres… Découvrez une large sélection de chips venues du monde entier et les notres faites sur place à base de patates 100 % franciliennes. Quatre euros la petite barquette, huit euros la sélection du chef. L’analyse des spécialistes : « Ça n’a aucun sens. On ne mange pas souvent des chips. Et même si on vient une fois dans votre établissement, on ne reviendra pas. D’autant, qu’il n’y a pas vraiment d’horaire propice à la chips. Vous allez travailler grand maximum trois heures par jour, de 17h à 20h. Votre modèle économique est catastrophique ». « Pourquoi pas, je veux bien essayer », commente de son côté Fred.

Le bar à pop-corn :  Le concept existe déjà dans le 11e arrondissement. Mais nous aussi on aimerait se lancer dans le maïs soufflé revisité avec un tas d’ingrédients. L’analyse des spécialistes : « Même en vendant du pop-corn salé et sucré, on ne mange pas ce produit comme ça. Il n’y a pas le réflexe ni d’horaire pour consommer du pop-corn dans un établissement ». « Non là, je ne viendrai pas », rigole Fred.

Conclusion : On va continuer le journalisme.

Pour Bernard Boutboul, le « bar à » est un phénomène qui existe depuis cinq ans. Mais c’est selon lui, très compliqué d’implanter le concept durablement. « Pour réussir, il faut un bon emplacement et à Paris cela coûte très cher. De plus, ces établissements ne fonctionnent à des créneaux horaires bien trop précis. En réalité, pour fonctionner le "bar à" doit se diversifier ». Dans ce sens, Céréaliste, propose notamment en plus de ses céréales et ses divers laits, des vêtements, des œuvres de street-art, des produits américains et bientôt des télés à disposition pour regarder des dessins animés.