Attentats à Bruxelles: Les dispositifs de sécurité montent d’un cran dans les transports en commun parisiens

SECURITE Plus d'effectifs, intensification des contrôles aléatoires, fouille des voitures… Les transports en commun, cibles privilégiées des terroristes, sont sous étroite surveillance à Paris… 

Fabrice Pouliquen

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Michel Cadot, préfet de police de Paris, est venu constater le dispositif de sécurité en place aux Halles, ce mercredi 23 mars, au lendemain des attentats à Bruxelles. Lancer le diaporama
Michel Cadot, préfet de police de Paris, est venu constater le dispositif de sécurité en place aux Halles, ce mercredi 23 mars, au lendemain des attentats à Bruxelles. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Les Parisiens vont devoir s’habituer aux képis et à ouvrir leurs sacs. L’attaque de Charlie Hebdo, en janvier 2015, avait déjà entraîné le déclenchement par l’armée de l’opération Sentinelle pour assurer la protection des points sensibles du territoire en complément du plan Vigipirate. Un dispositif renforcé ensuite le 13 novembre, après la deuxième vague d’attentats essuyée par Paris. « Depuis novembre, ce sont ainsi entre 6.000 et 7.000 militaires qui sont mobilisés », indique Michel Cadot, préfet de police de Paris.

400 hommes en plus

Les attentats commis mardi matin à Bruxelles ont entraîné la mobilisation de 400 hommes supplémentaires sur Paris. « Ces renforts ont été assignés au contrôle d’accès aux principaux lieux de transports en commun. Les aéroports, les gares, les grandes connexions de stations de métro, mais aussi dans les centres commerciaux… », précise Michel Cadot.

Ce dispositif prévoit une intensification des contrôles aléatoires à l’entrée des gares et des grandes stations de métro. Avec ouvertures possibles des sacs et bagages. Cela se traduit aussi par des opérations de contrôles des coffres et des habitacles de voitures aux abords des gares.

« Un gruyère extrêmement difficile à contrôler »

Mais est-ce efficace ? Les récents attentats à Bruxelles ont montré « que l’Etat islamique était capable de frapper le quatorzième aéroport d’Europe, une cible ultra-protégée », observe Claude Moniquet, expert en contre-terrorisme et ancien agent de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure). Le secteur des transports est « un gruyère extrêmement difficile à contrôler, a estimé pour sa part Dominique Bussereau (LR), ancien secrétaire d’Etat aux Transports. On ait fait des gares et des aérogares des lieux de fréquentation publique avec des restaurants, des boutiques… »

Aux Halles, où Michel Cadot est venu constater les forces policières en présence ce mercredi, le dispositif de sécurité s’appuie sur des caméras de vidéosurveillance, des brigades cynophiles, des agents en civil, qui ont pour mission de se fondre parmi les voyageurs, et un nombre important d’hommes en uniforme.

Les contrôles systématiques, une fausse bonne idée

Faut-il aussi y ajouter l’installation de portiques de sécurité et le contrôle systématique des usagers à l’entrée des zones de transport ? « Ce n’est pas l’option privilégiée aujourd’hui, explique Michel Cadot. Ces contrôles systématiques créeraient des files d’attente à l’entrée des gares, ce qu’il faut éviter. » Ces files d’attente seraient en effet très exposées à d’éventuelles actions terroristes.

La loi du député PS Gilles Savary sur la sûreté dans les transports publics, promulguée ce mercredi matin et qui n’attend plus qu’un décret du conseil d’Etat pour entrer en vigueur, améliorera toutefois la protection des usagers des transports en commun. Elle autorisera les agents des services de sécurité de la SNCF et de la RATP à procéder à des palpations de sécurité et à la fouille des bagages, avec l’accord des passagers. Si le passager refuse, il pourra se voir interdire l’accès au moyen de transport.

En attendant plus de technologies ?

Gilles Savary mise aussi, dans les prochaines années, sur les nouvelles technologies. « On va vers des systèmes de plus en plus sophistiqués avec des reconnaissances de comportements », prédisait-il ce mercredi sur Europe 1. En clair, de la vidéosurveillance améliorée qui permettrait d’anticiper des attaques en détectant des comportements anormaux.