Paris: Tout pousse dans la capitale, «et qu’importe la surface du balcon»

JARDINAGE La ville de Paris distribue à partir de ce mercredi 30.000 graines aux Parisiens pour qu’ils fleurissent leur balcon, trop souvent sous-exploités. Pourtant, on peut y faire des choses. la preuve avec Sylvette…

Fabrice Pouliquen

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Chaque printemps, Sylvette fait passer son balcon parisien pour les Jardins suspendus de Babylone.
Chaque printemps, Sylvette fait passer son balcon parisien pour les Jardins suspendus de Babylone. — Sylvette / Unbalconparisien

« Je viens de retourner mon compost… Il me reste des jardinières à vider et à refaire. Je vais recommencer les pommes de terre, remettre des tomates, refaire des radis et, peut-être, planter pour la première fois des carottes. » Le printemps arrive dimanche et Sylvette*, professeur à l’université, a comme à chaque fois du pain sur la planche.

D'un petit balcon les Jardins suspendus de Babylone

Son balcon, au cinquième étage d’un immeuble haussmannien du quartier Pigalle, n’est pourtant pas bien grand. « Sept m² grand maximum sur la longueur de quatre fenêtres, indique-t-elle. On peut s’y tenir debout, mais il n’est pas très profond. » Peu importe. De ce petit espace, Sylvette s’attache à en faire chaque année les Jardins suspendus de Babylone. Sans jamais se lasser comme en témoigne son blog, unbalconparisien, qu’elle alimente régulièrement de photos, de conseils et même de courbes pour mesurer la productivité de son potager.

Une vraie mordue. Sylvette, qui peut facilement consacrer une journée de son week-end à son balcon, le reconnaît sans souci. A Paris, il en faudrait bien plus. Trop de balcons sont aujourd’hui sous-exploités. C’est en tout cas de ce constat que part la ville de Paris pour lancer ce mercredil’opération « Des graines à tous les étages ».

30.000 graines distribuées aux Parisiens

30.000 graines seront distribuées aux Parisiens qui voudront donner des couleurs à leur balcon. Des pois, de la camomille, des courgettes, de la mauve musquée… Bref, des plantes faciles à cultiver pour un débutant. La distribution sera assurée à la Maison du jardinage, dans le parc de Bercy, puis à compter du 17 mars dans chaque mairie d'arrondissement. Les plus belles plantations seront ensuite récompensées dans le cadre d’un concours photos. Une façon de dépoussiérer un concours tombé en désuétude il y a quelques années.

« C’est une excellente idée », se félicite Swen, co-président de la Sauge (Société d’agriculture urbaine généreuse et engagée), une association qui multiplie les actions pour favoriser la pratique d’une activité agricole à Paris. Comme les 48h de l’agriculture urbaine ce week-end qui prévoient des ateliers de jardinage, des végétalisations de rue et bien d’autres choses encore dans tout Paris. « Le premier geste, celui de planter, n’est jamais simple, on se sent démuni, commente Swen. La récompense vient deux ou trois semaines plus tard, quand la plantation donne ses premiers résultats. »

« A Paris, tout pousse, vraiment tout »

Autrement dit, d’une graine peut germer une vocation. Ensuite, pour aller plus loin, il faudra tout de même concéder quelques sacrifices à son balcon. « Rempoter, dépoter, tailler, arroser… Tout prend du temps, explique Sylvette. Mais ça vaut le coup. Même à Paris, tout pousse, vraiment tout. Et qu’importe la surface du balcon » Sur celui de Sylvette, on trouve des melons, des framboises, des groseilles, un amendier, des cosmos. « Je m’apprête aussi à récolter mes premières olives et je ne désespère pas un jour d’avoir un peu de vignes… », ajoute la blogueuse.

A la Sauge aussi, on se fixe un objectif : « Que les Parisiens jardinent au moins deux heures par semaine, lance Swen. C’est le temps qu’il faut pour entretenir efficacement un potager. Et puis, en même temps aussi, se déconnecter un peu, échanger, vivre un moment convivial… »