Paris: 150.000 euros pour revoir la conception de 300 abribus tout neufs

POLEMIQUE Changés entre 2014 et 2015, une partie des nouveaux abribus de la capitale, non fermés par l’arrière, laissent passer la pluie et le vent. De quoi provoquer la colère des usagers…

Fabrice Pouliquen

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Les nouveaux abribus de Paris ne font pas l'unanimité. Loin de là.
Les nouveaux abribus de Paris ne font pas l'unanimité. Loin de là. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C’est une erreur qui coûte cher aux contribuables parisiens. Cent cinquante mille euros pour être précis. C’est le prix global à payer pour revoir la conception de 300 abribus de la capitale.

Pourtant, tous les abribus de Paris avaient été changés entre 2014 et 2015 dans le cadre du renouvellement du contrat confiant ce mobilier urbain à JC Decaux pour 15 nouvelles années.

Une intention louable, mais…

L’opération aura pris un an au total et s’est traduite par l’installation de 2.000 nouveaux abribus au total, précise Le Figaro. Mais très vite, les plaintes des usagers se sont accumulées. La Fnaut (Fédération des associations d’usagers de transports) d’île-de-France signalait dès mai 2015, sur son site Internet, un principal grief : « Dans de nombreux abribus, le fond n’est pas fermé sur le quart gauche de sa largeur, déplore Marc Pélissier, président de la Fnaut-Ile-de-Frnace. L’abribus est ainsi ouvert à la pluie et au vent. »

Gênant, même si la raison était louable. L’ouverture à l’arrière devait permettre un accès plus facile à l’abribus aux personnes handicapées et celles se déplaçant avec une poussette. Le problème ne concerne donc pas les 2.000 abribus, mais 690 jugés trop près de la chaussée pour que les fauteuils roulants et les poussettes y accèdent par l’avant sans danger.

300 abribus vont être revus

En février, le conseil de Paris, sous la pression de certains élus de l’opposition Les Républicains, s’est résolu à régler une partie du problème. Sur ces 690 abribus, 300 vont bénéficier d’un complément de vitrage. Les 390 autres resteront inchangés, car l’ouverture arrière a été jugée malgré tout indispensable pour les personnes handicapées.

« On progresse », reconnaît Marc Pélissier qui ne dit pas comprendre toujours le raisonnement de JC Decaux et de la RATP. « Bon nombre de ces abribus ouverts par l’arrière n’ont pas non plus de paroi latérale à droite ce qui permet alors à tous, y compris ceux se déplaçant en fauteuil roulant d’accéder facilement à l’abri. Il aurait de toute façon prendre en compte ce problème dès la conception de ces abribus. Ce n’est pas à la mairie de Paris [et donc aux contribuables parisiens] de financer ces 150.000 euros de réaménagements. »

D’autres défauts encore ?

La Fnaut ne se limite pas non plus à ces ouvertures arrière dans sa critique des nouveaux abribus. Dès mai dernier, l’association avait aussi noté que « le plan des lignes de bus parisiennes, qui existaient au dos des anciens abribus, a disparu, et que large écran apposé au fond, sur lequel sont affichées des informations sur le temps d’attente, est peu lisible par manque d’antireflet ».

« Ces griefs sont toujours d’actualité », regrette Marc Pélissier qui en ajoute un dernier : « Ces abribus ont un plafond trop haut. Nous soupçonnons que cela soit fait exprès pour que les publicités y apparaissent mieux. Mais une fois encore, cela ne contribue pas au confort des passagers. »