Paris: Elle lance une cagnotte Leetchi pour payer un avocat au procès de l’assassin de sa mère

TEMOIGNAGE Rachel, sa mère, a été retrouvé morte boulevard Ménilmontant, en septembre 2014. Le procès approche et Laurine Boutry, au Smic, n’a pas l’argent pour s’assurer les services d’un bon avocat…

Fabrice Pouliquen

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Laurine Boutry, encore bébé, dans les bras de sa maman Rachel.
Laurine Boutry, encore bébé, dans les bras de sa maman Rachel. — Capture d'écran / Leetchi

« Ma maman a été retrouvée morte le 8 septembre », écrit Laurine Boutry, 23 ans, sur la cagnotte Leetchi qu’elle a lancé pour défendre au mieux sa mémoire.

C’était dans la nuit du 7 au 8 septembre. Sa mère, Rachel, SDF de 41 ans, est retrouvé morte boulevard Ménilmontant. Allongée sur le dos, recouverte d’un duvet, elle présente des plaies à l’entrejambe provoquées par un objet contendant. Rachel s’est vidée de son sang. Quelques jours plus tard, un suspect est interpellé. L’ADN de Rachel est retrouvé sur lui et ses déclarations ne correspondent pas aux enregistrements de la caméra de vidéosurveillance, explique Le Parisien.

Sans nouvelles de l’avocat commis d’office

Le procès doit démarrer d’ici peu et les choses se présentaient mal pour Laurine, qui s’est portée partie civile. L’ordonnance de mise en accusation, dévoilé en décembre, stipule déjà que l’homme n’est plus jugé pour homicide, mais pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Et puis Laurine, hôtesse d’accueil à Choisy-le-Roi payée au Smic, n’a pas non plus les finances pour assurer une défense digne de ce nom à sa mère. « Lui a droit aux meilleurs avocats de Paris, moi, j’ai un avocat commis d’office que j’ai vu qu’une fois début 2015 et qui ne répond pas à mes mails », explique-t-elle à 20 Minutes.

D’où cette cagnotte Leetchi qui sort de l’ordinaire. Il ne s’agit pas cette fois-ci de lancer une cagnotte pour un cadeau d’anniversaire, de mariage ou de départ à la retraite, mais pour aider Laurine Boutry à faire face aux frais de justice.

« Aujourd’hui, j’ai besoin que toutes les personnes qui se sentent concernées contre les crimes sur personnes vulnérables se joignent à moi, écrit-elle. Rachel était malade. Certaines personnes diront qu’elle était alcoolique, d’autres qu’elle était SDF. Moi, je sais que Rachel était avant tout une personne vulnérable, fragile. (…) Mais elle ne faisait souffrir personne à part elle. »

Un appel aux dons qui porte ses fruits

Son appel à l’aide a porté ses fruits. Il reste encore quatre mois pour apporter sa contribution à la cagnotte, mais Laurine a déjà récolté 1.500 euros.

Surtout, « un avocat et son papa, lui aussi avocat, touchés par l’histoire, acceptent de reprendre le dossier », rapporte Laurine. L’argent récolté sur Leetchi permettra de payer leurs honoraires, revus à la baisse. La jeune femme a fait le calcul. «Les frais d'avocat pour ce procès qui devrait durer plusieurs jours devraient s'élever à 10.000 euros», évalue-telle. 

Le surplus, s’il y en a, ira au collectif « Les morts de la rue » qui vient en aide aux SDF. «C'est ce collectif qui m'avait aidé à enterré ma mère, précise Laurine. Moi, je ne garderai pas un centime de ces dons.