Face-à-face tendu à Aubervilliers

Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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Plus de tentes, ni de bâches mais des matelas, des couvertures et toujours une centaine de personnes prêtes à dormir sur le bitume dans le quartier de la Maladrerie, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Ça fait deux mois qu'on traîne là, on ira jusqu'au bout, on n'a plus le choix », assure Nasarata Cissé, une mère de famille sortie de force, fin juin, du HLM qu'elle occupait illégalement. C'est après cinq expulsions et la menace d'une vingtaine d'autres que quatre-vingts familles, d'origine africaine, avaient installé ce campement, dans le but d'obtenir un relogement. Mais lundi dernier, le tribunal de Bobigny avait accédé à la demande de la mairie de la ville et ordonné l'évacuation.

Depuis jeudi matin, la police est revenue à la charge à de nombreuses reprises, sans réussir à déloger les familles. L'association Droit au logement dénombre sept blessés légers et neuf interpellations. Une policière a été mordue à la main.

« Dans la nuit de vendredi à samedi, il y a eu trois charges, c'était un vrai dispositif anti-émeutes, à tel point que des jeunes sont descendus des quartiers, ont commencé à brûler des poubelles. La nuit suivante, c'est resté calme, on verra cette nuit s'il y a une descente musclée », expliquait hier soir Laciné Koné, porte-parole du collectif.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, qui se dit « ouvert pour tenter de trouver un logement pour les familles qui sont réellement à la rue », a convoqué le collectif cet après-midi. La sortie de crise serait-elle en vue ?