Etats d'urgence: La mosquée de Lagny ne rouvrira pas

TERRORISME La dissolution de l’Association des musulmans de Lagny et des deux associations qui l’ont précédée le 13 janvier, une première, a été validée par le Conseil d'Etat…

20 Minutes avec AFP

— 

La mosquée de Lagny-sur-Marne, le 2 décembre 2015.
La mosquée de Lagny-sur-Marne, le 2 décembre 2015. — AFP

La justice a scellé le sort de la mosquée de Lagny-sur-Marne.  Fermée en décembre dans le cadre de l'état d'urgence et présentée par le ministère de l’Intérieur comme « un foyer d’idéologie radicale », la mosquée ne rouvrira pas.

Le Conseil d'Etat a décidé jeudi de ne pas suspendre l’arrêté de fermeture du lieu de culte de Seine-et-Marne, comme le demandaient des dirigeants et des fidèles.

«Apologie du djihad armé»

Pour justifier sa décision, le Conseil d’Etat a expliqué avoir « constaté qu’entre 2010 et 2014, l’association gérant la salle de prière avait été présidée par une personne connue (…) pour faire l’apologie du djihad armé ». Et que la salle avait servi « de lieu d’endoctrinement et de recrutement des combattants volontaires, dont plusieurs ont rejoint les rangs de Daesh ».

Dans un communiqué, Bernard Cazeneuve a déclaré prendre acte de cette décision et « rappelle sa détermination sans faille à faire en sorte que la liberté de culte ne soit pas dénaturée par de tels comportements, qui s’inscrivent en contradiction totale avec la loi, ni confisquée par les tenants d’une idéologie radicale, incompatible avec les valeurs de la République, au détriment de la cohésion nationale et au préjudice de nos compatriotes de confession musulmane. »

Une idéologie radicale

« Le but n’est pas d’interdire aux fidèles de Lagny de prier, mais d’interdire au groupe de fidèles qui a noyauté l’association de disséminer leur idéologie radicale et de constituer des filières » de recrutement pour le djihad, avait défendu avec fermeté la représentante du ministère de l’Intérieur lors des débats.

Face à elle, l’avocat de l’Association des musulmans de Lagny dissoute mi-janvier, Karim Morand-Lahouazi, avait plaidé pour sa réouverture, arguant que les instances et les hommes qui ont pris la mosquée en main au printemps 2015 « n’ont rien à voir avec le passé ».

Pas de rupture avec le passé

Une allusion à l’imam salafiste Mohamed Hammoumi, 34 ans, qui a officié à Lagny jusqu’à son départ en Egypte fin 2014. Ce dernier « a compté parmi ses élèves des personnes apparues dans l’entourage immédiat d’auteurs d’attentats terroristes », affirmait Bercy dans un arrêté pris en avril pour geler ses avoirs. Il aurait « joué un rôle majeur dans le recrutement de volontaires pour le djihad en Syrie ».

Le juge a lui estimé que « les trois associations qui ont repris la gestion de la salle de prière étaient dirigées par certains de ses proches et prônaient la même idéologie » que l’ancien imam.