« Réinjecter un peu d'Etat dans la région »

Recueilli par Mickaël Bosredon - ©2007 20 minutes

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Roger Karoutchi

Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France.

Françoise de Panafieu entre en campagne à Paris. Les critiques sur sa candidature au sein de l'UMP sont-elles définitivement terminées ?

Tout d'abord, il n'y a jamais eu de remise en cause ni nationale, ni régionale, ni fédérale de la candidature de Françoise de Panafieu. J'affirme maintenant qu'il est temps d'arrêter le dénigrement, cela n'a pas de sens. Toute la droite a intérêt à participer à la campagne, car nous avons une chance de gagner à Paris si l'on a une « dream team ».

Sur quels thèmes l'UMP fera-t-elle campagne à Paris ?

La cohérence du réseau de transport, la situation dramatique du logement, la propreté... Nous avons un vrai contre-programme à élaborer avec Françoise de Panafieu. Tout en reconnaissant que certaines choses fonctionnent, comme Vélib', bien que le système doive désormais s'étendre à la proche banlieue. Le problème, c'est de savoir comment le rendre compatible. S'adresser à JCDecaux sans passer par un appel d'offres pose un problème juridique. Je propose aussi que la région subventionne l'éventuel surcoût.

Sur le front de la région, la rentrée sera marquée par de nouveaux débats sur le futur schéma directeur (Sdrif). Pensez-vous qu'il faille remettre à plat ce document ?

S'il passe tel qu'il est, la grande couronne sera privée d'aménagement routier pour les vingt ans à venir, le coeur d'agglomération sera surdensifié, aucune opération de transport de grande ampleur ne verra le jour. Ce document n'est pas bon. Le Premier ministre a fait savoir que le Sdrif en l'état ne serait pas accepté. Pour autant, l'exécutif [PS] de la région veut quand même aller à l'enquête publique. S'il veut passer en force, nous irons à l'affrontement en 2008.

Que souhaiteriez-vous pour l'Ile-de-France ?

Il faut une loi-cadre pour réinjecter un peu d'Etat dans certaines opérations. Je crois par exemple que pour atteindre l'objectif de construction de 60 000 logements par an, dont nous ne réalisons pour le moment que la moitié, il faudra décider la construction d'une ou deux grandes « écovilles nouvelles » le long d'une voie de transport existante. Parallèlement, la région doit faire davantage d'efforts pour la grande couronne.

Vous voulez donc retirer des responsabilités aux élus régionaux ?

J'ai été l'un des principaux porteurs de la loi de décentralisation, et je suis pour la responsabilité des élus. Mais sur un certain nombre de sujets très lourds, la collectivité ne peut pas tout assumer seule.

Vous concernant, avez- vous toujours des ambitions municipales à Nanterre ?

Mon ambition première, c'est la région. Je m'investis aussi énormément dans mon travail gouvernemental et dans mes sessions parlementaires. Est-ce que je peux mener de front ces activités et me lancer dans une bataille municipale lourde ? J'en reparlerai avec Patrick Devedjian dans les jours qui viennent. Mais je n'irai pas si je n'ai qu'une demi-journée par semaine à consacrer aux Nanterriens.