VIDEO. Paris: Les Green Bird se retroussent les manches pour nettoyer nos trottoirs

PROPRETE Initié par des expatriés japonais en 2007, le collectif Green Bird se réunit une fois par mois dans un quartier de la capitale pour nettoyer ses rues…

Fabrice Pouliquen

— 

Les membres du collectif Greenbird nettoient bénévolement les abords des Galeries Lafayettes, dimanche 21 février 2016, à Paris. Lancer le diaporama
Les membres du collectif Greenbird nettoient bénévolement les abords des Galeries Lafayettes, dimanche 21 février 2016, à Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

« Ville propre, esprit léger », dit leur dicton. Vous les avez peut-être croisés un jour dans un quartier de Paris. Les Green Bird sont aisément reconnaissables. Affublés d’une chasuble verte, ils ont toujours les yeux rivés au sol à l’affût du moindre déchet à attraper avec leur longue pince et à glisser aussi vite dans le sac plastique qui ne les quitte jamais.

Un mouvement né au Japon

Un jour par mois, les Green Bird se réunissent ainsi dans un quartier de Paris pour nettoyer ses rues de fond en comble pendant une heure. Ce dimanche encore, ils étaient un tout petit peu moins d’une cinquantaine de volontaires à s’attaquer aux abords des galeries Lafayette. Des retraités, des étudiants, des familles avec enfants. Et dans le lot, un contingent non négligeable d’expatriés japonais.

Pas étonnant. Ce sont eux qui ont initié le mouvement. « Green Bird est née en 2003 dans le quartier d’Omotésando, à Tokyo, par des habitants soucieux de rendre leurs rues plus propres », précise Yoshiko Inaï, qui chapeau aujourd’hui l’antenne parisienne lancée en 2007. « La propreté est quelque chose de presque culturel chez nous, glisse, un peu plus loin, Yuma, étudiant japonais de 25 ans, entre deux mégots de cigarettes ramassés boulevard Haussmann. On y est sensibilisé dès l’école primaire. Des heures de nettoyage sont même inclues dans les emplois du temps. »

Toujours autant de mégots ramassés

A Paris, c’est vite devenu une évidence : Green Bird ne pouvait pas faire de mal. Yoshiko Inaï, arrivée en France en 2003, se dit surprise par la fâcheuse habitude des Parisiens à jeter tout par terre. « Pourtant, nous avons ici bien plus de poubelles de rue que dans n’importe quelle ville japonaise », assure-t-elle.

Mais rien y fait, pas même encore l’instauration d’amendes, en octobre dernier, pour sanctioner les mégots jetés par terre. « Cela n’a rien changé, constate Thierry, 25 ans, qui participe à toutes les opérations Green Bird depuis septembre. Les mégots représentent toujours 90 % des déchets ramassés. » C’était encore le cas ce dimanche, aux abords des Galeries Lafayette, même si dans leurs sacs, les Green Bird ont aussi ramassé un lot de canettes, de boîtes à pizzas, des papiers en tout genre, des écorces de châtaignes et même une bouteille de vin.

« Changer les mentalités »

Comme à chaque fois, en une heure, il y avait de quoi remplir une cinquantaine de sacs à ras bord. Mais les Green Bird ne sont tant là pour battre un record. « L’idée est bien plus de marquer les esprits, de susciter la curiosité des passants », explique Yoshiko Inaï. Parfois, ça marche. « On nous demande régulièrement ce qu’on fait, témoigne Michèle, retraitée habitant dans le 5e et Green Bird depuis juillet. Souvent, cela s’arrête là, mais il est arrivé que ces mêmes passants prennent une pince et se mettent à nous aider. »

Les Green Bird en sont sûrs. Le nouveau plan de propreté voté la semaine dernière au Conseil de Paris [et qui prévoit notamment des postes d’éboueurs supplémentaires et l’extension des heures de collectes] est une chose. « Mais si on veut améliorer réellement la propreté à Paris, il faut changer les mentalités », assure Thierry.

Sur ce point, Yoshiko Inaï mesure le chemin parcouru depuis 2007. « Nous étions une petite poignée d’expatriés japonais lors des premières opérations de nettoyages. En janvier, nous avons battu notre record avec plus de 50 participants réunis à Bagnolet. Et cela vient désormais de tous les horizons. »