Paris: Izyscoot, le garage pour scooters et motos qui vient à votre travail

START-UP Un nouveau service qui tend à se développer en région parisienne où la panne de son scooter ou de sa moto peut rapidement se traduire par une journée de perdue…

Fabrice Pouliquen

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Martial, l'un des trois mécaniciens d'Izyscoot, sillone les parkings de La Défense avec son atelier de réparation de scooters et motos mobile.
Martial, l'un des trois mécaniciens d'Izyscoot, sillone les parkings de La Défense avec son atelier de réparation de scooters et motos mobile. — F. Pouliquen / 20 Minutes

L’aménagement des quelques m³ d’espaces disponibles a été pensé au millimètre près. A l’arrière de la camionnette, on trouve une longue rangée de tiroirs remplis de bougies, de filtres à huiles, de plaquettes de frein… Mais aussi Martial, le mécanicien. Il a réussi à caser un pont élévateur, une pièce imposante qui permet de lever les véhicules, un démonte-pneus et une équilibreuse de roue, deux machines qui prennent tout autant place. Et devant, aucune place pour un quelconque passager. Le siège a laissé place à un meuble à outils qui déborde lui aussi.

« Vite une journée de perdue »

Le tout donne Iziscoot, garage mobile pour scooters et motos qui se déplace sur votre lieu de travail. L’idée est de Louis-Charles Kiener, ancien trader à La Défense habitué à venir en deux-roues au travail. « Le constat de départ était simple, raconte Côme de Loisy qui a depuis rejoint l’équipe. A Paris, le moindre entretien à faire sur votre scooter, la moindre petite panne se transforme en véritable casse-tête. Il faut le déposer chez son garagiste – et il y en a peu à Paris-, puis se rendre au travail en transport en commun, et enfin aller chercher son deux-roues avant une certaine heure… C’est vite une journée de perdue. »

La start-up parisienne, lancée fin 2013, compte aujourd’hui trois camionnettes comme celle de Martial. La dernière vient d’être lancée il y a quelques semaines dans un parking de la gare du Nord. La seule qui reste dans un lieu fixe du lundi au vendredi. Un autre atelier sillonne les parkings Indigo (ex Vinci Park) de La Défense, en réservant toutefois le mardi aux salariés de la tour de la Société générale et le vendredi à ceux d’Engie. La troisième, enfin, tourne dans les parkings d’entreprises du secteur Boulogne-Issy-les-Moulineaux.

A condition que la réparation ne dépasse pas la journée

A chaque fois, Izyscoot gare sa camionnette très tôt le matin et accueille les salariés « qu’ils aient pris un rendez-vous ou non, précise Martial. Ils reviennent chercher leur véhicule une fois leur journée de travail terminée. » A la gare du nord, où la camionnette lève le camp à 15h30, les voyageurs d’affaire peuvent payer à distance et récupérer leur clé à la descente du train dans un coffre-fort individuel.

Il y a tout de même une contrainte : la camionnette ne reste qu’un jour par semaine sur place, il ne faut pas que la réparation nécessite une main-d’œuvre qui dépasse ce laps de temps. « Nous ne lancerons pas sur une panne qui nécessite de désosser totalement votre deux-roues, mais nous pouvons assurer 90 % des prestations faites dans un garage classique », promet Come de Choisy. « Si l’intervention nécessite de commander des pièces et que le véhicule ne peut plus rouler, nous le garons à notre charge dans un emplacement sécurisé », explique Martial. Mais il faut alors attendre une semaine avant de chevaucher de nouveau son deux-roues.

Deux nouvelles camionnettes en 2016

Malgré ces limites, Izyscoot semble séduire. A commencer par les entreprises qui y voient un bon moyen de limiter les retards de leurs salariés comme de leur offrir un nouveau service. Dix groupes ont déjà conclu un partenariat pour privatiser une camionnette un jour par semaine. Canal + et TF1 ont été les pionniers avant que BNP Paribas, Bouygues ou encore Microsoft allongent la liste. « Une grande entreprise nous fait actuellement du pied pour qu’on s’installe à la Plaine-Saint-Denis », ajoute aussi Come de Loisy. D’ici la fin 2016, Izyscoot prévoit aussi de lancer deux nouvelles camionnettes dans Paris et de former ses mécaniciens à la réparation des scooters électriques.

Et à quand les voitures ou les vélos ? « Ce n’est pas prévu, répond Côme de Loisy. Tout simplement parce que d’autres start-up occupent déjà ces créneaux à Paris. » Comme quoi, le secteur est en plein développement.