Subvention contre stagiaires: Le plan de Pécresse pour créer 100.000 stages en Ile-de-France

EMPLOI Le conseil régional a voté ce jeudi une mesure qui prévoit que toute subvention délivrée par le conseil régional à une association, une collectivité ou une entreprise soit conditionné au recrutement d’au moins stagiaire…

20 Minutes avec AFP

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La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (c), le 21 janvier 2016 à Paris
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (c), le 21 janvier 2016 à Paris — JACQUES DEMARTHON AFP

Le conseil régional d'Ile-de-France, présidé par Valérie Pécresse (Les Républicains) a décidé jeudi de conditionner l'octroi d'une subvention régionale à l'accueil d'un ou plusieurs stagiaires, afin de créer «100.000 stages» pour les jeunes franciliens.

La délibération a été adoptée avec les voix de la majorité (LR-Modem-UDI) et du FN, tandis que l'opposition de gauche (PS, FG, RCDE, EELVA) s'est abstenue.

Une période minimale de deux mois

La mesure prévoit que toute attribution de subvention par le conseil régional à une association, une collectivité, un établissement public ou une entreprises soit subordonnée au recrutement, «d'au moins un stagiaire pour une période minimale de deux mois», a déclaré la toute nouvelle présidente de région. La Région Ile-de-France accorde chaque année plus de 2 millions de subventions.

Outre les stagiaires, la mesure pourra également concerner les apprentis et les contrats de professionnalisation et d'insertion. Dans le détail, le dispositif prévoit pour une subvention inférieure à 23.000 euros, le recrutement d'un stagiaire. Au delà de 23.000 euros, une convention fixera le nombre et les conditions de recrutement des stagiaires.

La Région montrera l’exemple

La Région, qui «doit être exemplaire» en la matière, «recrutera des stagiaires dans tous ses services et toutes les structures qui dépendent d'elle», a précisé Valérie Pécresse.

«On ne peut pas tenir indéfiniment tout un pan de notre jeunesse aux portes du monde du travail», a déclaré Mme Pécresse, tout en reconnaissant qu'elle ne prétendait pas «donner un emploi aux jeunes, mais «leur mettre le pied à l'étrier».

Une partie de l'opposition s'est notamment inquiétée de la qualité des stages qui seront proposés et des abus de stages de certaines entreprises et a regretté que les jeunes des quartiers populaires ne soit pas reconnu comme «prioritaires» dans cette mesure.

« Les jeunes ne veulent pas de stages mais des emplois »

«La réalité c'est que les jeunes, ce ne sont pas des stages dont ils veulent, ce sont des emplois», a déclaré Catherine Lime-Biffe (PS), tandis que Julien Bayou (EELVA) a souligné que «plus il y a des stages, moins il y a d'emplois juniors», et a regretté que «100.000 stages» soit «surtout un slogan de campagne».

Dénonçant également «une belle opération de communication», Céline Malaisé (FG) a souligné que le stage était «un des symboles de la précarité».

Le groupe RCDE a estimé que la mesure sonnait «creux» mais «nous vous souhaitons bonne chance», a déclaré le nouveau secrétaire d'Etat chargé de la réforme de l'Etat, Jean-Vincent Placé, également élu régional. En début de séance, Valérie Pécresse lui avait présenté ses «félicitations républicaines» pour sa nomination, ainsi qu'à Emmanuelle Cosse, nouvelle ministre du Logement.