JO 2024: Paris rend son premier devoir, très gratiné, au CIO

JEUX OLYMPIQUES Paris remet ce mercredi la première partie de son dossier de candidature au CIO. Pour ce premier devoir, il fallait répondre à 86 questions, certaines allant très loin dans les détails…

Fabrice Pouliquen

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Paris remet ce mercredi 17 février son premier devoir maison au CIO.
Paris remet ce mercredi 17 février son premier devoir maison au CIO. — SIPA

Décrivez votre vision pour les Jeux Olympiques et les principaux avantages qu’en tirerait votre communauté ? C’est la première question que pose le Comité international olympique (CIO) aux villes candidates à une olympiade.

Cela fait très devoir de maison. De cequ’on se coltine avec angoisse au lycée. Paris, Rome, Los Angeles et Budapest, candidates aux JO 2024, n’y échapperont pas. Elles ont même une première copie à rendre ce mercredi 17 février. Le sujet ? « Vision, concept des jeux et stratégie ».

80 questions gratinées

Pour un premier devoir, il était gratiné. Il fallait répondre à 86 questions sur les points clés de la candidature : les sites retenus pour les compétitions, le village olympique, le plan de transports, le devenir des sites une fois les jeux finis…

Le comité de candidature Paris 2024 garde secret ses réponses jusqu’à une conférence de presse prévue ce mercredi à la Philharmonie de Paris. Mais, les questions, elles, sont en ligne sur le site Internet du CIO et laissent entrevoir le souci du détail de l’Institut de Lausanne. Il va jusqu’à demander aux villes candidates d’indiquer le nombre d’hôtels existants dans un rayon de 50 km pour chaque catégorie de standing. Et ceux prévus d’ici 2024. Il convient aussi de lister les hôpitaux, détailler les distances qui sépareront les différents sites sportifs et même indiquer le nombre d’étages qu’auront les bâtiments du village olympique.

Il s’agit même de proposer une date pour le déroulement de ces Jeux et d’anticiper alors les températures et les risques de pluie aux dates envisagées. Selon le Journal du Dimanche, Paris aurait d’ailleurs choisi du vendredi 2 au dimanche 18 août.

« Le spécialiste des détails »

Jean-François Lamour, député de Paris et acteur important de la candidature de Paris au JO de 2012, n’est guère surpris par les questions du CIO. « L’institution est une spécialiste des détails, glisse à 20 Minutes l’ancien ministre des sports. Et ce n’est qu’un début. En 2012, notre dossier final pesait des tonnes. »

Depuis, toutefois, les procédures de sélection de la ville hôte aux JO ont changé. Avant la visite sur place de la commission d’évaluation du CIO, au printemps 2017, les villes candidates doivent désormais remettre trois dossiers préalables. Après « Vision, concept des jeux et stratégie », le deuxième devoir sera axé sur le financement des Jeux et le troisième sera intitulé « Livraison des jeux, expérience et héritage en termes de sites olympiques ».

A chaque devoir remis, le CIO a prévenu : le risque d’être recalé existe. Un moyen d’écrémer comme un autre et d’éviter aux villes qui n’ont que très peu de chances d’être choisies d’avoir à engager des frais importants. Jean-François Lamour se dit toutefois confiant sur les capacités de Paris à passer sans encombre ces trois devoirs. « La France a démontré au travers de ces trois précédentes candidatures qu’elle était toujours en capacité de monter un dossier stratégique et technique de qualité ».

Un bon dossier ne suffit pas

Ensuite, lorsqu’il s’agira d’accueillir la commission d’évaluation du CIO, avoir un bon dossier ne suffira plus. « Il faudra aussi se mettre au lobbying, éprouver notre capacité à convaincre, prévient Jean-François Lamour. Nous avions été faibles sur ce point en 2012. » Le CIO compte une centaine de membres. Des athlètes, des représentants de fédérations sportives internationales, des politiques. L’ancien ministre des sports n’invite pas à basculer dans la corruption, « mais une voix d’un membre du CIO peut s’obtenir sur la base d’un échange, d’un soutien, précise-t-il. Celui de la France pour une autre compétition ou une prochaine olympiade par exemple. »