Enseignant titulaire mais remplaçant, un statut biscornu

M. H.- ©2007 20 minutes
— 

Ils regardent les collègues qui se retrouvent, se racontent leurs vacances, évoquent leurs projets. Sans pouvoir participer. « Ben non, on est des TZR. » Un sigle qui fait un peu carburant, mais qui booste rarement. « Etre titulaire d'une zone de remplacement, c'est ne pas avoir de poste fixe. C'est s'être tapé les études, les concours, mais ne pas avoir le même statut que les autres en attendant d'avoir l'ancienneté nécessaire », explique Mathilde, qui a appris il y a seulement quelques jours qu'elle allait débuter son année par trois semaines à Montfermeil. « Nous avertir aussi tard, je trouve que cela montre bien le peu de considération que la société porte aux profs, dit-elle avec un sourire attristé. L'année dernière, j'avais demandé à faire mon stage en banlieue car je savais que j'allais y être titularisée. Mais on m'a mise à Chartres. Et maintenant je débarque ici, où le bus n'a pas un numéro genre 76 comme à Paris. Non, ici, c'est le 602. » Un peu paumée, elle enchaîne : « J'ai 26 ans, je fais 1,63 m, mais on y croit. Trois semaines pour se construire une autorité, c'est parfait, non, quand on n'a pas d'expérience ? »

Moins ironique et plus chanceuse, Alice, prof de biologie, a appris qu'elle était affectée ici pour l'année, à dix minutes en voiture de chez ses parents. « Je suis administrativement rattachée à Villetaneuse à l'autre bout du département, et j'étais sur le point d'y prendre un appart. Et puis, il y a trois jours, j'apprends que je viens ici ! » Preuve qu'un TZR peut aussi être très heureux. 

pétition Le Snes (Syndicat national des enseignants de second degré) a lancé une pétition pour les TZR réclamant la pleine et juste indemnisation de leurs missions de remplacement.