Menaces contre des lycées parisiens: Quelle procédure est mise en place à chaque appel?

SOCIETE Trois lycées parisiens -Louis Le Grand (5e), Henri IV (5e) et Condorcet (9e)- ont reçu des menaces téléphoniques ce lundi. C’est la troisième fois en moins d’une semaine…

Romain Lescurieux

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Lyceens reprenant les cours apres une fausse alerte a la bombe au lycee Henri IV pres du Pantheon dans le 5e arrondissement de Paris
Lyceens reprenant les cours apres une fausse alerte a la bombe au lycee Henri IV pres du Pantheon dans le 5e arrondissement de Paris — SIPA PRESS

« Nous avons placé les élèves en sécurité avec l’aide de la police », commentait lundi, un brin tendu, devant son établissement, un des membres de la direction du lycée Henri IV (5e). En moins d’une semaine des lycées parisiens -dont Louis Le Grand (5e) et Condorcet (9e)- ont été menacés à trois reprises. Le parquet a ouvert la semaine dernière une enquête pour menaces de destruction, confiée à la sûreté territoriale de Paris. D’autant que des faits similaires sont survenus à Lyon et en Grande-Bretagne. Peut-on croire à un canular ?

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« La plupart des menaces traitées ont montré qu’il n’y avait rien derrière. Mais au vu du contexte actuel, chaque appel de menace est pris très au sérieux et enclenche une procédure », affirme à 20 Minutes, Johanna Primevert, commissaire divisionnaire et porte-parole de la préfecture de police de Paris. Quel est ce processus ?

« Menace d’attaque extérieure »

Dès l’appel de menace reçu au standard du lycée, le personnel prévient le proviseur de l’établissement. Celui-ci contacte alors trois structures : le commissariat d’arrondissement, la préfecture de police de Paris et le Rectorat de l’académie de Paris. Le chef de l’établissement en partenariat avec la Préfecture décide alors de la marche à suivre en fonction de la menace, de la nature du risque et du PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté. Voir encadré) de l’établissement. Une équipe de police est immédiatement envoyée sur place. Puis, trois schémas peuvent se dessiner. La police devant le lycée Louis-le-Grand ce lundi matin. R.Lescurieux/20Minutes

L’évacuation des élèves, en cas de présence d’une bombe ou colis suspect. Celle-ci peut être « réflexe ». Soit sous la conduite des services de secours et les forces de sécurité. Ou « programmée », dans les heures qui suivent le déclenchement. Et pilotée par le chef d’établissement en liaison avec les autorités académiques et la Préfecture.

Deuxième situation : Le confinement - en cas de menace d’attaques élevée et davantage avérée - dans une salle ou zone dédiée. Enfin, troisième cas : la mise à l’abri. Comme ce fut le cas lundi à Louis Le Grand. Les entrées et sorties sont interdites, les élèves restent dans leur salle et les cours continuent « normalement ».

Ainsi, « il ne pouvait pas être question d’une bombe ce lundi. Car il y a eu une mise à l’abri. Ce qui relève davantage d’une menace d’attaque extérieure », note auprès de 20 Minutes, une source proche du Rectorat de Paris.

« Nous continuerons de les traiter et de les prendre au sérieux »

Pour la levée de l’alerte, c’est le chemin inverse. En cas de présence suspectée d’un colis suspect, une équipe cynophile et au cas où du Laboratoire Central de la Préfecture de Police (LCPP), se déplacent. En ce qui concerne un cas de menace extérieure, c’est une unité d’intervention qui se déplace pour vérifier et sécuriser la zone. Si celle-ci est hors de danger, le proviseur en est avisé. L’alerte peut être levée.

Selon le Rectorat, il peut y avoir une reprise de l’activité normale avec une vigilance accrue et une interdiction de quitter ou de rentrer dans l’établissement dans l’attente de nouvelles instructions. Ou la levée de toutes les mesures de mise en sûreté, de restriction de circulation et la reprise de l’activité normale. « Mais quand plusieurs établissements sont concernés, la levée peut prendre du temps. Comme ce fut le cas la semaine dernière », explique-t-on à la préfecture de police.

Si les chiffres officiels sur le sujet n’existent pas, les fausses alertes depuis les attentats du 13 novembre auraient été multipliées par deux, selon des syndicats de police. « Elles nous mobilisent beaucoup. Mais ce n’est pas parce qu’il y en a eu plusieurs avant que nous n’allons pas intervenir » assure Johanna Primevert, précisant qu’« au contraire », « nous continuerons de les traiter dans leur intégralité et de les prendre au sérieux ».

Le Plan Particulier de Mise en Sûreté (PPMS) est une posture d’attente face à un événement majeur ou fortement impactant sur la vie de l’établissement et ayant une origine externe à l’établissement Il s’agit donc d’un plan opérationnel. Selon le Rectorat, un document papier formalise certains points : identification des risques potentiels, procédures d’alerte interne, zones de regroupement interne, annuaire de crise, organisation de la cellule de crise, recensement des moyens de communication et d’information, missions des personnels.