Paris: Le parquet ouvre une enquête sur un clip violent de rappeurs collégiens

ENQUETE Des rappeurs collégiens y font une ode à la baston et à l’argent facile en exhibant des couteaux, des battes de base-ball ou des liasses de billets…

F.P.

— 

Les chanteurs et figurants qui apparaissent à l’écran sont des collégiens mineurs qui ont à peine mué.
Les chanteurs et figurants qui apparaissent à l’écran sont des collégiens mineurs qui ont à peine mué. — Capture d'écran / Youtube

On y voit des couteaux, une feuille de boucher, des battes de base-ball, des liasses de billets. Et puis il y a les paroles aussi… qui invitent bien plus à la baston et à l’argent facile qu’à l’amitié entre les peuples. Le clip de rap mis en ligne le 2 janvier dernier par une société de production nommée Vision Industry ressemble à tant d’autres publiés sur la Toile.

Des collégiens mineurs qui ont à peine mué

Sauf que cette fois-ci, les chanteurs et figurants qui apparaissent à l’écran sont des collégiens mineurs qui ont à peine mué. Resfa et Dimé, les deux rappeurs stars du clip, ont 14 ans, indique Le Parisien. Des enfants bien plus jeunes encore apparaissent dans ce clip réalisé avec des moyens professionnels pendant les vacances de Noël.

De quoi pousser le parquet de Paris à ouvrir une enquête. La responsabilité de la société de production, Vision Industry, doit notamment être éclaircie, précise Le Parisien. C’est la communauté enseignante du collège Daniel-Mayer, dans le 18e arrondissement de Paris, qui a alerté le commissariat. Une bonne partie des figurants sont scolarisés dans cet établissement classé en zone d’éducation prioritaire et régulièrement confronté à des problèmes de violences entre bandes rivales des 18e et 19e arrondissements. L’année scolaire dernière, un jeune de 16 ans a été blessé au couteau sur la place située devant le collège.

En colère contre Vision Industry

Dans les colonnes du Parisien, Catherine Donohue-Weill, la principale, se dit en colère contre Vision Industry « qui a vendu un service à des mineurs, probablement sans aucune autorisation parentale ». Rencontrés à la sortie des cours par le quotidien, plusieurs de ces mini-rappeurs du 18e expliquent avoir bénéficié d’un prix d’amis des producteurs, « parce qu’on est des petits ». Ils évoquent une somme « entre 100 et 200 euros » pour la réalisation de la vidéo.