Paris Habitat adepte des primes, salaires élevés et parachute doré

SOCIETE Les généreuses pratiques salariales du bailleur social se font épingler par Le Parisien…

M.G.
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Illustration de logements sociaux gérés par le bailleur Paris Habitat.
Illustration de logements sociaux gérés par le bailleur Paris Habitat. — V. Wartner / 20 Minutes

La crise, quelle crise ? En tout cas pas chez Paris Habitat, premier bailleur social d’Ile de France, qui ferait bénéficier ses 3.000 salariés, et principalement sa direction, d’avantages nombreux, comme le dénoncent plusieurs rapports d’inspection publiés ce samedi par Le Parisien.

Le bailleur social, qui gère quelque 122.000 logements sociaux aurait en effet de généreuses pratiques salariales, offrant des salaires plus que confortables, notamment pour ses dirigeants. Car si le salaire moyen tourne autour de 3.170 euros par mois, permettant à un gardien d’immeuble de gagner environ 2.300 euros bruts mensuels, pour les directeurs, les rémunérations s’envolent.

Parachute doré

Ainsi, les directeurs territoriaux ou en charge d’une branche perçoivent, selon les informations du quotidien, entre 6.000 et 7.000 euros par mois. Pour les directeurs généraux adjoints les émoluments grimpent à 9.500 voire 10.000 euros nets mensuels. Quant au directeur général, Stéphane Dambrine, il bénéficie en plus d’un « parachute doré » de 500.000 euros, en cas de licenciement, écrit le quotidien régional, qui rapporte que l’ensemble des rémunérations dans l’entreprise a bondi de 20 % depuis 2006.

Sauf que pour les dirigeants, c’est allé encore plus vite. Le Parisien a pu consulter les bilans confidentiels présentés chaque année aux administrateurs de Paris Habitat. Les documents montrent en effet qu’entre 2006 et 2014, le poste « organes de direction » est passé de 2,4 à 3,34 millions d’euros, soit un bond de 40 %. La faute à un nombre conséquent de directeurs, « 14 ou 15 » en 2014, a indiqué la direction au journal local.

En plus, l’un des directeurs généraux adjoints profiterait depuis quinze ans d’un logement aidé dans le parc de Paris Habitat, rapporte également Le Parisien.

Pour les employés, une prime d’objectif et une prime d’intéressement (qui a atteint 1048 euros en moyenne en 2014) serait versée en plus d’un 13e mois. L’an dernier, les employés ont même touché une prime de 200 euros pour saluer la certification ISO de Paris Habitat.

« En finir avec les abus choquants »

Mais les revenus des salariés peuvent encore gonfler, en faisant racheter 7 jours de congés sur les sept semaines, dont ils bénéficient dans l’année (majorées d’une semaine pour ceux qui partent en dehors des vacances scolaires). Même les 22 jours de RTT peuvent être rachetés, « au prix imbattable d’un jour acheté égal un jour de salaire », précise Le Parisien. Au final, les salariés peuvent ainsi bénéficier de l’équivalent d’un mois de salaire en plus.

Alerté sur le sujet, Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris, en charge du logement, réclame un élargissement du champ d’application de cette loi aux PLI et aux logements non conventionnés et a indiqué vouloir « en finir avec les abus choquants », assure Ian Brossat.