Le souvenir de Diana enflamme toujours ses fans

D. Das - ©2007 20 minutes

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Dix ans après sa mort, ils sont toujours là. Les admirateurs de la princesse Diana se succèdent autour de la flamme de la Liberté. La fonction initiale de ce monument - offert par le journal International Herald Tribune en 1987 pour célébrer l'amitié franco-américaine - a été détournée pour devenir un mémorial improvisé depuis le 31 août 1997. Roses rouges, photos souvenirs, petits mots tendres : le socle de la flamme est couvert de signes d'affection pour la disparue.

Car ici, on préfère parler de disparition plutôt que de mort. « Pour moi, elle est toujours vivante », affirme Pawel Nowak, un Polonais âgé de 37 ans, venu spécialement pour l'occasion. « C'est une madone, elle a le sourire et les yeux tristes comme le pape », ajoute-t-il ému. Josette, une Parisienne de 62 ans, se dit aussi touchée car « c'était une personne qui s'occupait des autres alors qu'elle aurait pu ne se consacrer qu'à elle. Il est nécessaire de lui rendre hommage. »

L'attroupement se fait tour à tour compact ou plus clairsemé et les badauds prennent part au mouvement : « Mais sa voiture venait dans quel sens ? », « Ah bon, la flamme n'a pas été construite spécialement pour elle. Je croyais ! » Selon Anne-Marie, âgée de 40 ans, « la flamme de la Liberté lui convient parfaitement. Diana était symbole de liberté et m'a beaucoup apporté pour la compréhension du monde. » Anthropologue et psychologue, Guy Lesoeurs s'est penché sur le phénomène Lady Di dans Diana du pont de l'Alma : les pèlerins de la flamme (éd. Téraèdre). Il voit dans sa commémoration « un pèlerinage profane. Du sacré autour d'un mémorial sauvage pour une femme icône, souvent vue comme une mère et une soeur et rarement comme une épouse. »