Paris

Le Franprix attaqué reste dans la course

Reçu hier au ministère de l'Intérieur, le directeur du Franprix de la cité du Franc-Moisin de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Mahmed Abderrahmen, est plus que jamais décidé à ne pas baisser son rideau. Son supermarché, ouvert le 6 juin dernier après...

Reçu hier au ministère de l'Intérieur, le directeur du Franprix de la cité du Franc-Moisin de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Mahmed Abderrahmen, est plus que jamais décidé à ne pas baisser son rideau. Son supermarché, ouvert le 6 juin dernier après d'importants travaux de rénovation, a été attaqué trois fois en deux mois. Dimanche, une bande de jeunes l'a agressé à coup de battes de base-ball. C'est en boitant qu'il a été reçu par le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie.

Celui-ci lui a promis un accroissement des forces policières dans le quartier, « qui rassurent et dissuadent », de jour comme de nuit, jusqu'au retour au calme. Il va aussi « renforcer les moyens des investigations judiciaires » pour retrouver ses agresseurs, « les interpeller et les faire condamner par la justice ». Enfin, il a rappelé que la mairie de Saint-Denis avait mené une étude pour installer des caméras de vidéosurveillance dans le quartier et qu'il voulait « accélérer » ce processus. Interrogé à la sortie de

cette réunion, Mahmed Abderrahmen a affiché sa détermination : « Moi, j'ai toujours dit que je ne me laisserais pas faire. » Il a assuré que son commerce « restera ouvert », car il ne « veut pas laisser quelques individus faire la loi ». « On a du personnel, un beau magasin, la Coupe du monde [de rugby] qui arrive. J'ai conscience de m'exposer, mais je dois aussi pouvoir travailler en toute liberté. » Le directeur du supermarché, qui assure avoir reçu des menaces de mort, « craint pour [sa] famille ».

pétition Deux associations de Saint-Denis ont annoncé hier qu'elles lançaient une pétition de soutien au directeur du Franprix et pour « tous les autres commerçants qui n'osent pas parler ».