Timide rentrée pour la carte scolaire

Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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Lancée à la hâte après l'élection présidentielle, la réforme de la carte scolaire censée introduire plus de mixité sociale dans les collèges et lycées en est à ses balbutiements. Cette année, le ministère de l'Education nationale avait donné des possibilités nouvelle aux parents d'obtenir une dérogation pour leurs enfants. Le ministre Xavier Darcos souhaitait que 10 % à 20 % de dérogations supplémentaires soient accordées en collèges et lycées. Ce sera le cas, mais les motifs traditionnels de dérogation (handicap, rapprochement du domicile ou entre frères et soeurs, enseignement optionnel) y sont pour l'essentiel. Les boursiers, sociaux et au mérite, ne profitent que peu de cette réforme.

Au ministère de l'Education nationale, on se réjouissait hier qu'à Paris, 82 % des demandes de dérogation pour motifs sociaux aient obtenu satisfaction pour cette rentrée. Sauf que, en chiffre absolu, cela ne fait que neuf élèves boursiers sur toute la capitale. De même, seuls dix-sept élèves sont concernés pour le Val-de-Marne. Une goutte d'eau.

« Quand un enfant entre en sixième, les parents sont surtout soucieux qu'il n'aille pas trop loin de chez lui », explique Corinne Tapiero, vice-présidente de la Peep Paris. Et puis les capacités d'accueil des établissements sont limitées. » Pour le rectorat de Créteil, le faible afflux de demandes émanant de familles populaires « est le signe d'un grand taux de satisfaction des parents ». D'autres estiment que l'information n'a pas toujours atteint le public visé.

couacs Les parents ne sont pas à l'abri des couacs du système. A Montrouge (92), la famille Feldman a appris hier, veille de la rentrée scolaire, que son fils de 4 ans changeait d'école cette année.