Paris: Quels sont les enjeux (ou non) de l’élection du président de la Métropole du Grand Paris ?

POLITIQUE Ce vendredi, le conseil métropolitain élira son président…

Romain Lescurieux et Fabrice Pouliquen

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Illustration de la métropole du Grand Paris.
Illustration de la métropole du Grand Paris. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Les 209 élus du Conseil métropolitain sont appelés ce vendredi à voter pour celui qui conduira la Métropole du Grand Paris, cette machine de 131 villes et sept millions d’habitants. Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) ? Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) ? En attendant le verdict, 20 Minutes vous dit tout de l’enjeu de ce scrutin, des candidats et de ce qui attend le grand gagnant.

La Métropole du Grand Paris voit finalement le jour

Qui sont les candidats ?

Il y en a deux, au centre et à droite de l’échiquier politique. Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison (Yvelines), sera le candidat Les Républicains (LR). L’ancien ministre en charge des relations avec le parlement sous le gouvernement Fillon a été investi par son parti le 12 janvier dernier au terme d’une primaire interne remportée face à Gille Carrez, député-maire du Perreux-sur-Marne. Les centristes ont aussi leur candidat. Il ne s’agira pas d’André Santini, le maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), longtemps pressenti pour se mêler à la bataille, mais de Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Pourquoi n’y a-t-il pas de candidats à gauche ?

La réponse tient dans le mode de l’élection. Le président sera élu en interne, ce vendredi, par les 209 conseillers métropolitains que compte le Grand Paris. La droite, qui compte 90 de ces 209 élus, dispose du plus gros bataillon. Autrement dit, l’élection est déjà jouée. Sauf immense surprise, le poste reviendra à Patrick Ollier. Sauf immense surprise aussi, le bureau de la MGP sera composé de 20 vice-présidents : douze de centre-droit, huit de gauche.

Pourquoi donc la gauche francilienne se jetterait dans une élection perdue d’avance ?

Anne Hidalgo a toutefois des raisons de garder le sourire. Selon le JDD, la maire de Paris a obtenu de Patrick Ollier le poste de première vice-présidence de la métropole avec des pouvoirs étendus, du fait du poids de la capitale dans la métropole (2,25 millions d’habitants sur un total de sept millions). Ce n’est pas tout. Anne Hidalgo a aussi obtenu qu’un seul élu LR parisien décroche l’une des neuf vice-présidences promises au parti. Il s’agira du conseiller de Paris Daniel-Georges Courtois.

Quelles seront les compétences du président ?

Si le poste attire beaucoup de convoitise, en réalité, le président de la Métropole du Grand Paris aura très peu de pouvoir. La MGP - cinquième échelon territorial dans la région capitale - est dotée d’un budget modeste de 70 millions d’euros et de quatre compétences obligatoires et limitées : l’aménagement de l’espace métropolitain, la politique locale de l’habitat, le développement économique et la protection de l’air et de l’environnement. En plus, ces compétences ne lui seront transférées que progressivement, de 2016 à 2018. Donc davantage de discussions autour de projets que de mesures concrètes sont à prévoir.

A quoi ressemblera la Métropole du Grand Paris à puissance maximale ?

La MGP atteindra la plénitude de ses fonctions en 2020. Et pourra alors s’affairer pleinement à l’aménagement et au logement dans ce vaste espace. Mais on lui promet déjà des bâtons dans les roues. Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, a lancé la charge contre la MGP dès son discours inaugural le 18 décembre. Elle parle d’un « contre-sens historique » et d’une « aberration administrative et économique » qui laisse de côté cinq millions de Franciliens. Il « est encore temps d’abandonner », a-t-elle même glissé. Pour elle, la métropole, c’est la région. De quoi brouiller davantage les pistes et les avancées.