Paris: Impactés par une baisse de fréquentation, des restaurants de nuit modifient leurs horaires

RESTAURATION Le restaurant Au pied de cochon (1er arrondissement) a décidé de fermer quatre nuits par semaine…

R.L.

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Au pied de cochon, dans le 1er arrondissement
Au pied de cochon, dans le 1er arrondissement — SIPA PRESS

Ce sont des lieux mythiques connus des touristes et noctambules parisiens avides de grosses bouffes. Mais depuis les attentats du 13 novembre, l’heure n’est plus à la fête. L’institution parisienne, Au pied de cochon (1er arrondissement) qui était ouvert 24h/24 depuis 1947, a en effet récemment décidé de fermer quatre nuits par semaine.

« Adapter la structure des charges à l’activité du moment »

« Depuis deux semaines, en raison d’une baisse d’activité d’environ 20 % liée aux attentats, nous avons décidé de fermer dès 00h30 du dimanche au mercredi inclus. Nous ne rouvrons qu’à 7h00. Le restaurant reste en revanche ouvert 24h/24 du jeudi au samedi soir », a précisé à l’AFP Pascal Brun, président de Groupe Frères Blanc, propriétaire du restaurant.

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Selon lui « il est nécessaire d’adapter la structure des charges à l’activité du moment ». Le restaurant totalise « 98 % de salariés en CDI ». Ces nouveaux horaires seront appliqués jusqu’à « fin avril, date à laquelle la saison reprend traditionnellement », souligne le président de l’établissement qui accueille « 60 % de clientèle française et 40 % de clientèle étrangère ». C’est cette dernière qui est le « plus impactée. Depuis les attentats de novembre, la clientèle étrangère s’est totalement effondrée », lance-t-il. Si les restaurateurs de nuit s’accordent sensiblement sur ce point, tous ne comptent pas pour autant modifier leurs amplitudes horaires.

« Une baisse de 40 à 50 % de la fréquentation »

« Nous n’avons rien changé. Nous avons une baisse de fréquentation mais elle reste légère », explique-t-on au restaurant La Tour de Montlhéry- Chez Denise (1er arrondissement). « Oui, il y a un peu moins de touristes avec la crise et les attentats mais pas de quoi revoir nos horaires. De toute façon dans la restauration, le mois de janvier est toujours calme », assure un salarié de La maison de l’Aubrac (8e arrondissement). A la brasserie Le Dalou (12e arrondissement), la baisse est de « 20 % » mais « nous gardons nos horaires d’ouverture », affirme un serveur.

D’autres disent ne pas avoir le choix. « Depuis les attentats, notre fréquentation a baissé de 40 à 50 %. Mais c’est partout pareil, regardez la Tour Eiffel. Mais qu’est ce que je peux faire ? Si je modifie mes horaires, si j’arrête d’ouvrir la nuit, ça va être pire. Après, qui va payer les charges ? Donc j’ouvre », s’exclame Nora, responsable du Tambour (2e arrondissement).

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Le 11e arrondissement particulièrement impacté ?

Le Cadran Voltaire, café-restaurant situé à quelques centaines de mètres du café « La Belle Équipe », cible des attaques terroristes du 13 novembre, n’est ouvert 24h/24 que le vendredi et le samedi soirs. « Nous avions déjà un peu changé nos horaires juste avant les attentats mais après le 13 novembre, et en raison de la baisse d’activité nocturne, nous fermons dès 2h00 du dimanche au mercredi, contre une fermeture à 4h00 auparavant », a commenté auprès de l’AFP, le gérant du café.

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Le café « Le Rey », également situé sur la place Voltaire dans le 11e arrondissement de la capitale, et également fréquenté par les noctambules en raison de son ouverture 24h/24, n’a lui « pas changé ses horaires, malgré une baisse de fréquentation », a expliqué un des gérants à l’agence de presse.