Thalys: «Dissuasif » ou «inefficace», les portiques de sécurité à la gare du Nord font débat

TRANSPORT Depuis dimanche, embarquer dans un Thalys ne se fait pas sans passer au préalable sous un portique de sécurité. Ce lundi matin, en gare du Nord, la file d’attente n’avait toutefois rien d’insurmontable…

Fabrice Pouliquen
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Gare du Nord, on ne monte plus dans un Thalys sans passer au préalable sous un portique de sécurité.
Gare du Nord, on ne monte plus dans un Thalys sans passer au préalable sous un portique de sécurité. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Les étourdis, ceux qui sont passés maître dans l’art d’arriver sur le quai à une poignée de secondes du départ ont du souci à se faire. Du moins s’ils se mettent en tête de voyager sur un Thalys à destination de la Belgique et des Pays-Bas. Depuis ce dimanche, la gare du Nord a mis en place des portiques pour les voyageurs et des scanners à rayons X pour le contrôle des bagages sur deux quais d’où partent les trains Thalys.

Grand renfort de personnels et de communication

Autrement dit, les au revoir larmoyants se font désormais dans le hall central de la gare et non plus sur les quais. Surtout, il faut aussi anticiper les bouchons avant d’accéder à son wagon. Ce lundi matin, la file d’attente n’avait toutefois rien d’insurmontable. Le Thalys de 10h25 n’est d’ailleurs parti qu’avec trois petites minutes de retard. C’est qu’en ces premiers jours de test, la SNCF n’a pas lésiné sur le nombre d’agents ferroviaires en gare pour guider la foule. « Et puis nous avions reçu un mail de Thalys nous conseillant d’arriver plus tôt que d’habitude », indiquent Christine et Andreas, un couple de Bruxellois habitué des trajets Paris-Bruxelles. Ils étaient présents en gare du Nord une heure avant le départ.

Corinne n’a pas eu besoin de ce rappel de la compagnie ferroviaire pour avancer son réveil de dix minutes ce lundi matin. « J’avais suivi les informations, je savais qu’il y avait des risques que ça bouchonne un peu au départ », glisse-t-elle sans se fâcher. Elle dit juste espérer que ces mesures de sécurité ne vont pas justifier dans l’avenir des retards au départ. « Mais sinon, cette mesure est une bonne chose », indique-t-elle.

Une mesure vraiment efficace, « si elle est appliquée partout »

Même sentiment pour Philippe ou encore pour Antoine et Iris. « C’est dissuasif », commente le premier. « Jusque-là, on entrait dans un wagon comme dans un moulin alors que ces trains desservent des grandes villes d’Europe, ce n’était guère rassurant », estime pour sa part Iris.

Jean-Marc, lui, est plus sceptique. « J’ai l’impression que la mesure est relativement inefficace, estime-t-il. Une personne qui voudra faire passer des armes ou une bombe trouvera toujours le moyen de le faire, avec ou sans portiques de sécurité. » « Surtout, pour que ce soit efficace, il faudrait que ces mesures de sécurité soient étendues partout, note pour sa part Andreas. Il n’y a encore aucun contrôle mis en place à Bruxelles. J’aurais pu mettre n’importe quoi dans ma valise à l’aller. » « Et puis la menace ne vient pas non plus que de Bruxelles, ajoute Christiane. Il faudrait généraliser le dispositif à tous les trains. »

Ségolène Royal, la ministre de tutelle des Transports, pousse dans ce sens. Elle a d’ores et déjà indiqué que le dispositif pouvait être étendu aux lignes de TGV nationales ainsi qu’aux trains régionaux. Guillaume Pépy, le président de la SNCF, veut d’abord le temps d’expérimenter ces nouvelles mesures de sécurité à la gare du Nord et à la gare de Lille-Europe.

Un système encore en rodage

Ce lundi matin, tout n’était effectivement pas encore calé. La queue pour accéder aux portiques de sécurité serpentait sans grande discipline dans la gare du Nord. « On va tester des serre-files pour le prochain train, dans une heure », indiquait alors un agent de la police ferroviaire à ses troupes.