Paris: Le projet du centre d'hébergement d'urgence dans le 16e ne fait pas l’unanimité

SOCIAL Le projet d’installer un centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement doit être voté ce mercredi par le conseil de Paris…

Romain Lescurieux

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Le projet du centre d'hébergement d'urgence dans le 16e arrondissement
Le projet du centre d'hébergement d'urgence dans le 16e arrondissement — Moon Architectures

« Ça va passer », souffle une source proche de la mairie de Paris. Ce mercredi, le projet d’installer un centre d’hébergement d’urgence, en bordure du bois de Boulogne, dans le très chic 16e arrondissement, doit être voté par le Conseil de Paris. Ainsi, cinq structures modulaires devront voir le jour dans les semaines à venir afin de loger 200 sans-abri et migrants. Dominique Versini, adjointe à la mairie, chargée de la lutte contre l’exclusion, s’en réjouit.

« Un travail d’accueil, de logement, d’orientation et d’insertion »

« Ces structures seront installées pour une durée de cinq ans sur une friche du 16eme arrondissement, sur l’allée des Fortifications, pour héberger des familles et personnes isolées », rappelle-t-elle. La gestion en sera confiée à l’association Aurore qui lutte contre l’exclusion sociale.

Si celle-ci se refuse à tout commentaire avant le vote de mercredi, Dominique Versini tient à préciser que l’association effectuera un travail « d’accueil, de logement, d’orientation et d’insertion ». Mais pour certains riverains, élus et associations de quartier, le projet d’implanter ce centre dans cette zone est depuis plusieurs mois inconcevable. Et même en cas d’adoption du vœu, ils n’entendent rien lâcher.

« Ces structures se montent vite. Mais se démontent aussi à la même vitesse »

« L’endroit est mal choisi. Le site n’est pas une friche, il est classé au titre des monuments historiques. Ils peuvent trouver ailleurs », s’exclame Lionel Lemaire, président de l’association des riverains du Bois de Boulogne, qui voit d’autres objections au projet. « Ça supprime une voie de circulation pour les secours et 170 places de parking », tranche-t-il. « Nous allons donc continuer à nous battre, à engager des procédures pour éviter cette construction. Ces structures se montent vite. Mais se démontent aussi à la même vitesse », nargue-t-il, en sachant qu’il pourra compter sur le soutien du maire de l’arrondissement, Claude Goasguen.

Pour lui, « le bois de Boulogne n’a pas vocation à devenir un nouveau Sangatte pour personnes en difficulté ». A l’initiative d’une pétition, l’élu s’explique sur son blog : « Dix jours après les attentats alors que le Premier ministre vient d’avouer « les terroristes ont profité de la crise des migrants pour rentrer en France », Anne Hidalgo veut encore offrir aux migrants un centre d’hébergement en plein cœur du Bois de Boulogne », « Oui, il y a aussi un problème d’image et de sécurité, notamment avec les ambassades aux alentours », surenchérit Lionel Lemaire. De son côté, Dominique Versini tient à recadrer les choses.

« La peur doit se transformer en solidarité »

« Je comprends que certains habitants peuvent s’émouvoir. Mais ce projet va se faire dans le 16e comme il se fait ailleurs. Et quand ils verront que la structure est bien gérée par l’association Aurore, il n’y aura pas de problèmes », insiste l’adjointe. « Je les invite même à se rapprocher de ces personnes en difficulté qui n’ont pas besoin en plus d’être montrées du doigt », poursuit celle pour qui dans le contexte actuel, « la peur doit se transformer en solidarité ».