Régionales 2015: Comment le PS compte-t-il se maintenir à la tête de l'Ile-de-France ?

ELECTIONS La gauche, qui partait éparpillée, fait mieux que ce qu’annonçaient les sondages au premier tour…

R.L.

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Claude Bartolone, candidat socialiste aux régionales en Ile-de-France, a voté au Pré-Saint-Gervais le 6 décembre 2015.
Claude Bartolone, candidat socialiste aux régionales en Ile-de-France, a voté au Pré-Saint-Gervais le 6 décembre 2015. — CHAMUSSY/SIPA

Sera-ce suffisant ? Avec 30,51 % des suffrages, la droite de Valérie Pécresse a pris la tête du premier tour du scrutin dans la région symbole d’Ile-de-France. Mais elle distance moins que prévu la gauche de Claude Bartolone (25,19 %) devant un FN qui double mais reste sous les 20 %. A quelques jours du second tour, quelles sont les chances pour le PS de rester à la tête de la région ? Tous ont d’ores et déjà sorti la calculette.

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« J’ai entendu votre colère »

La députée des Yvelines, Valérie Pécresse (LR-UDI-MoDem) - qui dépasse les 37 % dans son département - s’est enorgueillie d’être « en mesure de remporter la première région de notre pays et de mettre fin à 17 ans d’échecs en matière d’emploi, de transports, de logement et de pollution ».

 

Mais la liste de droite a peu de réserves de voix et Valérie Pécresse a fait immédiatement un appel du pied aux électeurs de Wallerand de Saint Just (FN) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). « J’ai entendu votre colère », leur a-t-elle lancé. La candidate d’une région meurtrie par les attentats du 13 novembre a promis « plus de sécurité » et de « rétablir l’autorité républicaine pour lutter contre le communautarisme, les trafics et la radicalisation ».

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Le candidat Wallerand de Saint-Just, tête de liste FN en Ile-de-France, a lui adressé « un appel du pied notamment aux électeurs de M. Dupont Aignan ». Ce dernier crédité de 6,57 % (mais de 13 % dans son département de l’Essonne), définira ce lundi midi sa stratégie de second tour. Il s’est isolé en se définissant lors de sa campagne comme « ni système ni extrême ». La gauche compte bien profiter de ces brèches pour rattraper son retard.

Appel au « rassemblement total »

« Le total des voix de gauche est supérieur aux voix de droite, même avec celles de Dupont-Aignan », a affirmé Julien Dray, tête de liste PS en Val-de-Marne. La gauche, qui partait éparpillée, fait finalement mieux que ce qu’annonçaient les sondages. Claude Bartolone a dépassé les 25 % (et 29,58 % en Seine-Saint-Denis) tandis qu’Emmanuelle Cosse (EELV) s’adjuge 8 % (et 10,92 % à Paris) et 6,6 % pour le Front de gauche mené par le trio Pierre Laurent (PCF), Eric Coquerel (Parti de gauche) et Clémentine Autain (Ensemble).

Ainsi, Claude Bartolone a appelé au « rassemblement total » des « socialistes, des écologistes et du Front de gauche ». Le président de l’Assemblée nationale a aussi tendu la main à « tous les progressistes qui veulent lutter contre la droite et la droite extrême ».

Emmanuelle Cosse, a immédiatement appelé dimanche à la fusion des listes de gauche et des écologistes au second tour.

De son côté, Pierre Laurent tête de la liste « Nos vies d’abord » pour ces élections régionales, a appelé, lui, à la fusion dans un communiqué : « Pour le second tour, le PCF veut faire respecter la volonté des électeurs qui ont accordé leur confiance aux listes citoyennes et du Front de gauche au premier tour (…) Le PCF appelle à construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche du premier tour ».