Paris: A quand une tour en bois dans le ciel de Paris?

ARCHITECTURE En marge de la Cop 21, «20 Minutes» s’associe au Pavillon de l’Arsenal pour parler construction écologique. Et plus précisément des immeubles de grandes hauteurs en bois qui pourraient s’élever d’ici peu dans le ciel francilien…

Fabrice Pouliquen

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Maison de l’inde à la Cité Internationale Universitaire de Paris Lancer le diaporama
Maison de l’inde à la Cité Internationale Universitaire de Paris — Lipsky+Rollet architectes/ Raftery photo

La tour Baobab ne s’élèvera pas dans le ciel de Paris. Du moins pas tout de suite. Le projet germait dans la tête de REI, une société de promotion et de construction immobilière spécialisée dans l’éco construction, associé sur ce coup-là à Michael Green, architecte canadien, et au cabinet d’architectes français DVVD.

Leur idée était de construire la plus grande tour d’immeubles en bois du monde sur le site de Pershing à deux pas de la porte Maillot. « Un immeuble de 35 étages qui aurait culminé à 120 mètres de haut », détaille Paul Jarquin, président fondateur de REI. Il aurait accueilli des logements, des bureaux, des commerces au rez-de-chaussée et une auberge de jeunesse. »

« Un immeuble de 30 étages avant 2030 »

Le projet a été présenté fin 2014 au concours d’idées « Réinventez Paris » mais a échoué aux portes de la finale. « Nous n’avons rien contre la construction en bois, mais nous ne souhaitions pas, dans ce concours, de projets d’immeubles de grandes hauteurs », justifie Jean-Louis Missika, adjoint d’Anne Hidalgo en charge de l’urbanisme.

Tant pis pour Baobab. Paul Jarquin n’en doute pourtant pas une seconde : ce n’est qu’une question d’années avant qu’un immeuble de grande hauteur en ossature bois ne voit le jour à Paris ou dans ses abords immédiats. C’est aussi le pari fait par la Nouvelle France Industrielle, lancée fin 2013 par le gouvernement. L’un des 34 plans élaborés se fixe ainsi pour objectif de construire en France entre « 5 et 10 vrais immeubles urbains en bois de 7 à 15 étages à l’horizon 2017, et un immeuble de 30 étages en 2030. »

La filière bois ne part pas de zéro. Depuis plusieurs années déjà, le bois ne se limite plus à la construction de maisons individuelles. « Depuis 2009, nous avons déjà livré six petits immeubles collectifs en région parisienne, indique Paul Jarquin. A Montreuil ou aux Lilas notamment. » L’extension de la Maison de l’Inde, inaugurée fin 2013 à la cité international universitaire de Paris, est un autre exemple. Avec ses sept étages, l’immeuble serait même le plus grand en bois d’Ile-de-France.

 

Photo Cité international universitaire de Paris


De la ressource à nos pieds

Tout semble aujourd’hui réunit pour être plus ambitieux. A commencer par les progrès technologiques. Paul Jarquin cite notamment « de grands panneaux en bois massif, jusqu’à 16 mètres de long, que nous pouvons aujourd’hui préfabriquer et assembler ensuite sur le chantier comme on ferait pour des Légo. Cela permet d’aller beaucoup plus vite. »

A cela s’ajoute la Cop 21 qui invite à trouver de nouvelles façons de construire plus écologique. Le bois, ressource renouvelable et puits de carbone, capable de stocker du CO2 même une fois coupée, a son va-tout à jouer.

On pourrait objecter qu’il ne serait pas raisonnable de grignoter un peu plus encore les réserves forestières mondiales. « L’argument ne tient pas en France, répond Sylvie Alexandre, déléguée interministérielle à la forêt et au bois. Nous avons le quatrième massif forestier d’Europe et il est sous exploité. La récolte atteint tout juste la moitié de la production annuelle. » Pour Sylvie Alexandre, ces immeubles de grande hauteur en bois pourraient créer des emplois non délocalisables et faire émerger, à terme, un vrai savoir-faire français.

Pourquoi pas une grande tour à La Défense ?

Il n’y aurait donc plus qu’à trouver un terrain ! La course à la plus grande tour en bois au monde est en tout cas lancée. Des projets de plus de dix étages sont à l’étude aux Etats-Unis, au Canada, en Norvège ou même à Bordeaux. Paris, elle, ne devrait pas se mêler à la course. « La verticalité n’est pas la seule piste d’avenir Paris », estime Jean-Louis Missika. Mais l’élu n’est pas contre l’idée de Stéphane Le Foll. Début novembre, le ministre de l’Agriculture disait rêver d’une tour en bois à La Défense.

 

Immeuble en bois : Une matinée de conférence ce mercredi au Pavillon circulaire« Bois et ville durable à l’heure de la COP 21 ». C’est sur ce thème que se tiendra ce mercredi 9 décembre, de 8h30 à 12h30, une conférence au Pavillon circulaire, sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris. La matinée sera animée notamment par Paul Jarquin, président fondateur de REI, Sylvie Alexandre, déléguée interministérielle à la forêt et au bois, ou encore l’architecte canadien Michael Green. Plus d’information sur www.pavilloncirculaire.com