Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru, les deux fondateurs de la start-up Agricool. Lancer le diaporama
Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru, les deux fondateurs de la start-up Agricool. — Photo Tony Trichan / Agricoolh

AGRICULTURE

Paris: Au parc de Bercy, Agricool fait le pari de cultiver des fraises… dans des conteneurs

La start-up transforme des conteneurs maritimes en mini fermes implantables partout en ville...

Décidément, on peut faire plein de choses avec un conteneur. Aux Pays-Bas ou au Havre, ils en ont fait des logements étudiants. Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru y ont vu l’endroit parfait d’où faire pousser des fraises… sans pesticides et en pleine ville.

L’idée n’est pas si farfelue. La preuve au parc de Bercy où ces deux fils d’agriculteurs, passés sur les bancs d’écoles de commerce et qui ne se sont jamais fait à l’idée « qu’on puisse manger aussi mal en ville », font visiter avec plaisir leur prototype.

Le projet leur trottait dans la tête depuis plusieurs années. Mais Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru s’y sont véritablement mis en juin dernier en posant les bases de leur start-up, Agricool, et en acquérant pour 5.000 euros un conteneur de 30 m2.

D’un caisson métallique à une mini-ferme urbaine

Le duo a consacré les quatre mois qui ont suivi à transformer le caisson métallique en un écosystème propice à la culture. Pour optimiser la place, les fraises poussent à la verticale dans 265 tours remplies placées devant des diodes électroluminescentes (LED) à très basse consommation. « Pour l’irrigation, nous avons imaginé un système en circuit fermé, raconte aussi Guillaume Fourdinier. L’eau, stockée dans un grand bac, est amenée jusqu’à des goutte-à-goutte placés au-dessus des tours. Elle s’écoule alors le long des racines, puis est récupérée dans les gouttières et amenée jusqu’à une pompe qui se charge de ramener l’eau au bac de départ. »

Dans le conteneur installé au parc de Bercy, Agricool cultive en verticale 3.600 fraisiers placés dans 265 tours. - Photo Tony Trichanh/Agricool

 

Preuve qu’ils ont pensé à tout, les deux « agriculteurs urbains » ont aussi installé une « boîte à bourdons » pour assurer la pollinisation ou encore des champignons pour lutter contre les pourritures. Quant à l’électricité, « nous avons passé un contrat avec enercoop qui nous fournit de l’énergie issue de filières 100 % renouvelables », poursuit Guillaume Fourdinier.

Sept tonnes de fraises sur 30 m2

Leur conteneur est encore perfectible, les deux jeunes entrepreneurs ne s’en cachent pas et recrutent en ce moment un agronome et un ingénieur polyvalent pour les y aider. Cela ne les empêche pas d’être déjà ambitieux. « La culture verticale nous permet de produire dans 30 m2 l’équivalent de ce qu’on produit sur 4.000 m2 en culture classique en terre », indique-t-il. En tonne, la jeune start-up prévoit une première récolte de 7 tonnes de fraises. Elles seront à acheter sur place, à partir de début janvier, dans des barquettes vendues 3 euros. Il est d’ailleurs déjà possible de les réserver sur leur site Internet.

Ce premier conteneur n’est qu’un début, assure-t-on à Agricool. D’ailleurs, la start-up n’entend pas se limiter aux fraises. « On peut faire pousser toutes sortes de fruits et légumes dans ces conteneurs », assure Guillaume Fourdinier. Il espère installer dix nouveaux prototypes en place début 2016.

Pourquoi pas au bord du périphérique ?

Paris serait prêt à en accueillir quelques-uns. Pénélope Komitès, adjointe d’Anne Hidalgo en charge de la nature et de la biodiversité, voit le projet d’un bon œil. « Nous développons à Paris un programme de développement de l’agriculture urbaine qui explore de nombreuses pistes. Les jardins partagés, des cultures sur les toits ou en façades d’immeubles ou même une ferme urbaine de 3.000 m2. Agricool s’inscrit dans cette mixité de projets. »

Avec l’avantage de proposer une solution mobile et peu gourmande en place. Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru se contenteront d’une friche, d’un parking de supermarché, d’un sous-sol inoccupé et pourquoi pas même des abords du périphérique. Ces conteneurs pourraient en prime faire office de murs antibruit.