Paris: Des cas de radicalisation aussi à l’Hôtel de ville

RELIGION Ces signes de radicalisations iraient de la pratique de la prière ou le port du voile sur les lieux de travail, jusqu’au refus de serrer la main à une supérieure féminine…

Fabrice Pouliquen

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La ville de Paris s’apprête à présenter un manuel d’une vingtaine de pages sur la conduite à tenir face aux pratiques religieuses dans ses services.
La ville de Paris s’apprête à présenter un manuel d’une vingtaine de pages sur la conduite à tenir face aux pratiques religieuses dans ses services. — ISA HARSIN/SIPA

Depuis les attentats, des perquisitions ont déjà eu lieu à la RATP et dans des entreprises travaillant au sein des aéroports franciliens. Fedex, Servair ou encore Air France Cargo. A chaque fois, les agents de police ont signalé des éléments de prosélytisme et des signes de radicalisation parmi les employés.

Une salle de prière sauvage au Petit Palais

La ville Paris, qui compte 52.000 fonctionnaires, ne serait pas épargnée. Depuis les attentats de janvier, la mairie a réactivé son Observatoire de la laïcité, créé en 2012 sous le mandat de Bertrand Delanoë, indique Le Parisien. L’instance se réunit toutes les trois semaines et des cas de radicalisations ont été évoqués lors de ces entretiens. « Différentes directions de la ville ont été confrontées à des problèmes », indique dans Le Parisien un membre de l’Observatoire. Les directions de la Propreté et de l’environnement, des Espaces verts, de la Protection de la Prévention, mais aussi de la Jeunesse et des Sports seraient touchés ou encore au sein Musées de la ville. Nadia Lemoule, secrétaire CFDT de Paris musées, évoque ainsi, toujours dans Le Parisien, un local technique transformé en salle de prière sauvage au Petit Palais.

Jusqu’au refus de serrer la main à une supérieure féminine

Ces signes de radicalisations iraient de la pratique de la prière ou port du voile sur les lieux de travail, jusqu’au refus de serrer la main à une supérieure féminine, en passant par des demandes d’horaires adaptés pour le ramadan ou pour le shabbat.

« Les comportements qui nous ont été évoqués sont tout à fait inacceptables », a réagi Emmanuel Grégoire, l’adjoint d’Anne Hidalgo en charge des ressources humaines. En tout, en un an, cinq cas concrets ont été remontés et ont donné lieu à un licenciement. Celui d’une femme qui refusait de tirer son voile sur son lieu de travail. Dans les autres cas, les pratiques interdites auraient simplement cessé après un rappel à la règle. Pour lutter contre ce phénomène, la ville de Paris s’apprête également à présenter un manuel d’une vingtaine de pages sur la conduite à tenir face aux pratiques religieuses.