Paris: Le recyclage des déchets de la construction en plein chantier

COP21 « 20 Minutes » s’associe au Pavillon de l’Arsenal pour parler économie circulaire et s’intéresse cette semaine aux traitements des déchets. Et notamment du béton usager…

Romain Lescurieux
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Des ouvriers sur un chantier
Des ouvriers sur un chantier — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Si les ménages franciliens produisent de moins en moins de détritus - 462 kg en 2013 contre 507kg en 2000, selon les derniers chiffres de l’Ordif (Observatoire régional des déchets) - la part des déchets de chantiers reste, elle, importante dans la région.

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D’après le groupe Paprec, spécialiste du recyclage et de la valorisation des déchets de l’industrie et des collectivités, l’activité du bâtiment et les travaux publics en Ile-de-France génère 32 millions de tonnes de déchets sur les 40 millions de tonnes produits dans toute la France. Des chiffres qui ne cessent d’augmenter.

« Le flot annuel de déchets augmentera de 35 % »

« D’ici à 2026, le flot annuel de déchets augmentera de 35 %, sous l’impact de la construction du réseau de transport du Nouveau Grand Paris (prolongements et créations de lignes) et des autres réalisations prévues par Île-de-France 2030 », note la Région. « Les chiffres des déchets de chantiers paraissent énormes mais ce sont surtout des déchets inertes qui n’ont pas le même impact polluant que les déchets ménagers », précise Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France.

La réglementation européenne imposera d’ici 2020 la valorisation d’au moins 70 % de ces gisements en matière première secondaire ou énergétique. En attendant, « ces matières, souvent enfouies ou incinérées, sont encore trop peu recyclées », mentionne Paprec. « Dans le monde du bâtiment, la révolution demande beaucoup de temps. Mais on va sur davantage de recyclage », souligne auprès de 20 Minutes, Julien Chopin, du collectif d’architectes Encore Heureux.

En effet, avant d’atteindre cet objectif de 70 % – notamment via le plan « Prévenir et gérer les déchets de chantiers » (Predec) approuvé en juin 2015 - des initiatives existent d’ores et déjà pour repenser ces matériaux.

« Le devenir du béton » en question

Le projet national de recherche et développement Recybéton a par exemple pour objectif de réutiliser l’intégralité des matériaux issus des bétons de déconstruction. « Le béton est le deuxième matériau le plus consommé dans le monde après l’eau. Les professionnels de la construction, de plus en plus sensibles aux questions liées à la préservation de l’environnement, s’interrogent sur le devenir du béton qui est mal valorisé lors de la fin de vie des constructions », affirme Brice Delaporte, directeur technique de l’Irex (Institut pour la Recherche Appliquée et l’Expérimentation en Génie Civil)

« Notre but est de fabriquer à partir de ce béton de démolition du nouveau béton pour de la construction. Nous n’y sommes pas encore. Il y a des verrous techniques, scientifiques et de réglementation. Nous sommes actuellement limités en termes de granulats recyclés. Mais ça avance », ajoute-t-il.

Bellastock, une association francilienne d’architecture œuvre également pour la valorisation et la prévention des déchets issus de chantier. « Dans les opérations de déconstruction, les matériaux comme le béton, le bois, sont pensés comme précieux, nous essayons donc d’envisager un moyen de ne pas détruire mais bien déconstruire, de façon à pouvoir récupérer et insérer ces matériaux dans un nouveau cycle de la matière », explique Clément Gagliano de l’association. De quoi façonner la ville de demain.

A noter : Café-débat. Lundi 30 novembre à 18H30 : Les contributions positives de l’économie circulaire. Café-débat. mardi 1er décembre 2015 à 18h30 : Matières, matériaux et réemploi.

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