Assaut à Saint-Denis : Ahmed, blessé par la police et menacé d’expulsion

TERRORISME Dans la nuit de mardi à mercredi, Ahmed a vécu l’horreur. Et son cauchemar n’est pas fini : Il a reçu des autorités l’obligation de quitter le territoire français…

Fabrice Pouliquen

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Vue exrérieure en date du 18 novembre 2015 à Saint-Denis de l'immeuble dans lequel étaient retranchés les djihadistes.
Vue exrérieure en date du 18 novembre 2015 à Saint-Denis de l'immeuble dans lequel étaient retranchés les djihadistes. — JOEL SAGET AFP

Il a vu la mort de très près dans la nuit de mardi à mercredi. Ahmed, un Egyptien sans papiers de 63 ans, dormait tranquillement dans son modeste studio de la rue du Corbillon à Saint-Denis, sur le même pallier que les terroristes présumés ciblés par les hommes du Raid.

« Moi je me suis tout de suite dit : je vais mourir »

Son témoignage, recueilli par Le Parisien, fait froid dans le dos. « Il était environ 4h30 du matin. Il y a eu une explosion. Ma porte s’est ouverte. J’ai cru que l’immeuble était en train de s’écrouler ! J’ai voulu sortir. Des policiers avec des lampes torches m’ont dit de rentrer dans mon logement. (…) Moi je me suis tout de suite dit : je vais mourir. »

Ahmed n’est pas passé loin en effet. Recroquevillé sur son lit et muni d’une planche en bois pour se protéger, l’homme voit un déluge de feu s’abattre sur son logement. « Des balles ont touché le lavabo, la télé, le frigo », raconte le sexagénaire dans Le Parisien. Lorsque les coups de feu cessent, un policier lui demande d’aller à la fenêtre les bras en l’air. « Là, il dit, ne tirez pas. Mais j’ai à peine eu le temps de bouger que j’ai ressenti une vive douleur dans le bras gauche. (…) J’ai compris que j’avais été touché par la police. »

Une histoire qui émeut Twitter

Ahmed n’est pas au bout de son cauchemar. Evacué vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris XIII), il sera ensuite placé en garde à vue quelques heures après. A l’issue de son audition, Ahmed s’est surtout vu remettre une obligation de quitter le territoire. Une attitude des autorités qu’a fermement dénoncée Me Karim Morand-Lahouazi, l’avocat d’Ahmed. « Je vais introduire un référé-suspension contre cette mesure », explique-t-il toujours dans Le Parisien. L’histoire d’Ahmed a déjà ému de nombreux internautes sur Twitter. A commencer par Stéphane Peu, maire-adjoint de la ville de Saint-Denis. L’élu précise que la ville de Saint-Denis tiendra une conférence de presse, à 15h ce lundi, à ce sujet.