Attentats à Paris : La place de la République, village improvisé des médias étrangers

MEDIAS Ils ont installé leurs studio-télés à quelques pas des Parisiens qui se recueillent. Depuis le 14 novembre, place de la République, les télévisions étrangères font partie du décor…

Fabrice Pouliquen

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La journaliste de NBC en plein direct dimanche 22 novembre, place de la République. Lancer le diaporama
La journaliste de NBC en plein direct dimanche 22 novembre, place de la République. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Ils font désormais partie du décor. Place de la République, il y a bien sûr les fleurs, les banderoles et des gens de tout horizon qui se recueillent par centaine en permanence. Mais juste derrière, immanquables, il y a aussi toutes ces tentes blanches et ces fourgons de la même couleur arborant les logos des chaînes de télévision étrangères..

Le cadre parfait pour les directs télé

Les premiers journalistes sont arrivés samedi 14 novembre, quelques heures après les attaques qui ont ensanglanté Paris. Comme une évidence, la place est devenue le village des médias étrangers. « Les premiers jours, nous faisions aussi des directs devant le Bataclan ou dans les rues où ont éclaté les fusillades, raconte Jude Burrows, cameraman pour Skynews. Puis rapidement, on est revenu ici. Parce que c’est pratique, il y a l’espace pour nous installer. Mais, surtout, la place de la République, avec tous les Parisiens qui viennent se recueillir, est un lieu fort des événements des derniers jours. »

Le décor parfait d’où lancer les directs télé. Ce dimanche encore, les caméras étaient présentes en nombre. Dans un drôle de melting-pot, il y avait là les équipes américaines de CNN, NBC et CBS, les Anglais de Skynews, les Belges de VTM Nieuws ou encore des journalistes espagnols travaillant pour la chaîne Antena 3.

« Pourtant, depuis vendredi, la place s’est beaucoup vidée, observent deux agents de sécurité veillant à ce que les passants ne perturbent pas la journaliste de NBC en plein travail. Nous avons compté le double de journalistes ici, en début de semaine. »

Avec leurs fourgons blancs, arborant le logo des chaînes télévisées, les journalistes étrangers font désormais partie du décor de la place de la République.

A Paris, « toujours ce sentiment d’insécurité »

Pas étonnant à écouter Yvan, journaliste pour une agence de presse espagnole. Ces attaques terroristes ne concernent pas que Paris. « Toute la communauté internationale est concernée. En Espagne, on se pose mille questions. Vont-ils se répéter dans l’avenir ? Comment on en est arrivé là ? Quel dispositif de sécurité faut-il mettre en place ? »

Un peu plus loin, Jordan, jeune photojournaliste américain pour CNN, débat aussi du fond avec quelques collègues. Il est arrivé dès le 14 novembre en provenance de Chicago pour son premier grand reportage à l’étranger. « Forcément, les événements des derniers jours m’ont frappé, raconte-t-il. J’étais étudiant lors des attentats du 11 septembre. Cela avait pris un temps, mais j’avais les Américains avaient fini par se sentir de nouveau en sécurité chez eux. A Paris, j’ai l’impression que ça prendra plus de temps. Il y a beaucoup d’inquiétude dans le regard des Parisiens, comme si cette vague d’attentats n’était pas la dernière. La proximité géographique avec la Syrie et l’Irak n’aide pas il faut le dire. »

Un village sur le point de plier bagage

Jordan devrait repartir au plus tard mercredi pour les Etats-Unis. D’autres journalistes auront plié bagage bien avant. Un parfum de départ place sur ce village improvisé. L’actualité s’est déplacée sur d’autres fronts ces derniers jours.

« Nous avons des équipes au Mali et à Bruxelles », raconte ainsi Jude Burrows pour Skynews. Lui restera à Paris encore ce lundi, pour couvrir l’entrevue entre son Premier ministre, David Cameron, et François Hollande. « Mais ensuite, oui, on devrait rentrer. »