Attentats de Paris: La «boule au ventre» des professionnels du tourisme

ECONOMIE Hôteliers, restaurateurs, acteurs culturels ou commerçants relèvent la désertion en masse des clients après les attaques de vendredi. Certains ont aussi peur pour leur sécurité...

Jane Hitchcock

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L'hôtellerie de luxe serait la première impactée (photo d'illustration).
L'hôtellerie de luxe serait la première impactée (photo d'illustration). — NICOLAS JOSE/SIPA

Anaïs (*) n’a pas travaillé ni samedi ni dimanche comme elle l’aurait dû. « Le centre est ouvert sept jours sur sept, normalement. Nous n’avons rouvert que lundi », dit cette vendeuse de la galerie commerciale du Louvre, dans le 1er arrondissement de Paris. Ces fermetures exceptionnelles sont consécutives aux attentats de vendredi soir.

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Si la commerçante a fermé ses portes aux éventuels clients, d’autres professionnels du tourisme comme les « hôteliers de luxe ont tout simplement vu le nombre de leurs réservations dégringoler de 50 % durant le week-end », indique à 20 Minutes une responsable de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).

« Dans les transports, c’est plutôt l’angoisse »

« C’est simple, lundi, nous avons eu 230 visiteurs au lieu des 600 habituellement. Et - impressionnant - il n’y avait que des touristes chinois », relève la vendeuse au Louvre dans sa boutique, complètement déserte : « Le musée ferme tous les mardis ». « Hier, j’avais la boule au ventre en arrivant au travail. Je viens de Seine-et-Marne et dans les transports, c’est plutôt l’angoisse. Je me souviens d’un petit bruit qui nous a fait tous sursauter, dans le train », raconte-t-elle encore. Anaïs reconnaît que « la tension est générale ». Pour exemple, après avoir rouvert lundi, la Tour Eiffel a de nouveau fermé ses portes mardi matin car les salariés souhaitaient « une sécurisation du parvis » et considéraient que de « grosses failles de sécurité » existaient. Cet après-midi, un accord a finalement été trouvé et la Dame de fer a rouvert à 18h00.

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Pendant deux ou trois mois ?

A l’Office du tourisme et des congrès de Paris, la direction affirme qu'« il est encore trop tôt pour dresser le bilan, même ponctuel, de l’impact des attaques ».

Pour Didier Le Calvez, PDG du palace Le Bristol, il ne fait guère de doute que la « vague d’annulations conséquente dans l’ensemble du secteur de l’hôtellerie concerne les deux ou trois mois à venir ». Avec les établissements de luxe, les professionnels de la porte de Versailles, sont sans doute les plus impactés, le Salon des maires de France qui devait se tenir de mardi à jeudi ayant été reporté à la fin mai 2016.

(*) Le prénom a été changé.