Paris: Des ptits cafés dans le métro « juste pour partager de la bonne humeur »

BONNE HUMEUR Depuis trois semaines, Geoffrey et Lorine arpentent chaque lundi le métro avec des thermos et des gobelets plein les bras, pour donner le sourire aux Parisiens...

Fabrice Pouliquen

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Chaque lundi matin, Lorine et Geoffrey distribuent le café et le thé sur la ligne 1 du métro. «Juste comme ça, par envie de mettre la bonne humeur».
Chaque lundi matin, Lorine et Geoffrey distribuent le café et le thé sur la ligne 1 du métro. «Juste comme ça, par envie de mettre la bonne humeur». — F. Pouliquen / 20 Minutes

« Bonjour, un petit café pour vous donner le sourire ? » Dans le métro, Geoffrey et Lorine ont d’abord droit, comme première réponse, à des yeux grands écarquillés. Puis, l’effet de surprise passé, vient toujours la même question : « C’est en quel honneur ? » « Comme ça », répondent invariablement Geoffrey et Lorine.

« Juste partager de la bonne humeur »

Geoffrey, 25 ans, est coach en communication. Lorine, 23 ans, travaille dans une start-up de l’économie collaborative. Mais leur présence sur la ligne 1 chaque lundi matin, n’a rien à voir avec leur boulot. Les deux jeunes Parisiens veulent « juste partager de la bonne humeur ». « Et prouver que si on parvient à faire tomber le masque, le Parisien est plutôt un type sympa », ajoute Geoffrey. Même dans le métro, lieu anxiogène par excellence.

Le défi dure depuis un peu plus d'un mois et les attaques terroristes du 13 novembre dernier n'y ont pas mis fin. «Bien au contraire, explique Geoffrey. C'est aussi le but de notre action : prouver que chacun avait la capacité d'influencer positivement les gens. On montre l'exemple.»

Alors, chaque lundi matin, avant de se rendre à leur travail respectif, Geoffrey et Lorine se lèvent une heure plus tôt et se donnent rendez-vous au métro Concorde. Direction la ligne 1, les bras chargés d’un stock non négligeable de gobelets en plastique et de deux thermos plein. L’un de thé, l’autre de café.

« C’est bizarre ce que vous faites »

Mieux vaut prévoir large en effet. Lundi dernier, il y avait peu d’usagers à refuser les tasses fumantes. Pas même Oksana, pourtant réticente au départ. « Je veux bien oui, finit-elle par glisser à Geoffrey dans un sourire. Mais c’est assez bizarre ce que vous faites. Après tout, vous auriez pu mettre n’importe quoi dans ce thermos. » « J’en bois un avec vous alors », rétorque Geoffrey, soucieux de la rassurer.

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C’est le secret pour dérider, en seulement quelques secondes, le Parisien stressé dans le métro. « Sourire, simplicité et authenticité, liste Lorine. Et puis beaucoup d’humour, ça marche très bien ça, l’humour », complète Geoffrey. Le premier contact noué, tout coule de source ensuite. « Vous partez travailler ? » « Vous faites quoi dans la vie ? » « Ah vous apprenez le japonais ? »… La conversation s’engage sans guère de souci.

« On fait un peu zombie dans le métro »

« C’est une excellente initiative, note Thomas, employé dans la finance qui a pourtant refusé la tasse tendue. « C’est que je me suis avalé deux cafés quelques minutes plus tôt au petit-déjeuner, se justifie-t-il. Mais c’est plaisant de discuter un peu sur le chemin du boulot. J’ai entre 40 et 45 minutes de métro chaque matin. Ce n’est pas le meilleur moment de la journée. »

L’expérience fait presque rire Thierry, installé quelques sièges plus loin. « On fait un peu zombies, note-t-il en observant Lorine et Geoffrey à l’œuvre. Et ce qui nous étonne le plus, presque, c’est que l’initiative soit gratuite et ne promeut rien en particulier. »

Lorine et Geoffrey n’ont pas prévu pour l’instant d’arrêter leur distribution de café hebdomadaire. Et ne sont pas contre quelques coups de main. Une page Facebook, intitulée Les Ptits cafés dans le métro, a été créée il y a peu. Un bon moyen pour les contacter. L’autre solution est de suivre les sourires, chaque lundi, sur la ligne 1 du métro…