Paris : Sous les tours de La Défense, de grands espaces vides cherchent preneurs

IMMOBILIER Data center ? Studio de cinéma ? Complexe sportif ? Boîte de nuit ? Restaurant gastronomique ? Là-dessous, tout est envisageable…

20 Minutes avec AFP

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La Défense mérite aussi qu'on s'intéresse à ses sous-sols.
La Défense mérite aussi qu'on s'intéresse à ses sous-sols. — F.Pouliquen / 20 Minutes

On les appelle les «bassins», «l'atelier» ou la «crypte»... Dans les entrailles de La Défense, sous une forêt de tours, sommeillent de monumentaux espaces fantômes que le premier quartier d'affaires européen cherche à exploiter.

A première vue, pas de quoi séduire un investisseur: un dédale de béton borgne, poussiéreux, englouti jusqu'à 20 mètres sous dalle, où résonnent les grondements du RER et de l'autoroute tout proches.

35 à 45.000 m² à combler

Des volumes vides «compliqués d'accès», «difficiles à valoriser», concède la directrice générale du gestionnaire de La Défense, Defacto, Marie-Célie Guillaume. D'autant que pour d'éventuels porteurs de projets, «c'est difficile de se projeter dans les sous-sols», complète Léa Benvenuti, responsable du service Développement de l'établissement public.

Au total, 35 à 45.000 m² de volumes «résiduels» cherchent preneurs. Apparus lors de la création du quartier parisien il y a cinquante ans, ce sont des vides de construction, ou destinés à accueillir des infrastructures qui n'ont jamais vu le jour. La plupart n'ont jamais été occupés.

Difficiles d'accès? Certes. Mais pour un investisseur en quête de mètres carrés vacants à l'hypercentre de La Défense, le jeu peut en valoir la chandelle car en surface, l'aménagement «est pour ainsi dire terminé», souligne Marie-Célie Guillaume. Defacto, qui voit là une source de recettes «jamais creusée jusqu'à présent», entend donc valoriser ces espaces en commençant par «les plus accessibles».

Un complexe gastronomique entre air libre et sous-sol

Le plus facile ? Le «Plateau», bas de plafond, tout proche de la surface, occupé par un magasin jusqu'en 2006. Il accueillera d'ici fin 2017 un complexe gastronomique entre air libre et sous-sol - avec, au-dessous, un «lounge» et une plateforme logistique. Montant de l'investissement, privé: 20 millions d'euros.

Un appel à projets est par ailleurs en cours pour installer des espaces de «coworking» et de restauration au Belvédère, la «proue» du quartier. Des espaces là aussi déjà occupés par le passé et seulement partiellement sous la dalle.

Ces deux opérations d'appel, espère Defacto, inciteront les investisseurs à descendre plus profondément sous la surface, où les travaux seront plus coûteux. Là, on trouve la «Cathédrale», 11 mètres sous plafond, et sa «crypte», au total 5.000 mètres carrés. Ou encore les «bassins» et leur look industriel, vastes fosses de béton surplombées par une passerelle métallique, posées sur la voûte du RER A, au niveau du sol d'origine du quartier.

Et «l'atelier», celui du peintre et sculpteur Raymond Moretti, mort en 2005. Le lieu, plus aux normes, est aujourd'hui fermé au public, mais le «Monstre», oeuvre monumentale, y dort toujours.

Data center, studios de cinéma, complexe sportif?

Des études portant sur ces trois volumes doivent êtres réalisées jusqu'en 2016. Data center, studios de cinéma, complexe sportif? Cultures de fruits et légumes hors-sol? Pourquoi pas une boîte de nuit, pour laquelle la «cathédrale», avec ses mezzanines, semblerait toute désignée? Ici, «tout est envisageable», note Léa Benvenuti. Mais il faudra «vraiment faire du sur-mesure», dit-elle. Pour des questions d'accessibilité et de sécurité, un projet destiné à accueillir le grand public sera forcément plus complexe. Quant à l'Atelier, «on ne renonce pas à l'idée de la rendre au public», assure Marie-Célie Guillaume.