Mort par balle à la gare du Nord: la légitime défense est privilégiée

FAIT DIVERS Les policiers ont ouvert le feu après que l'homme eut sorti une arme...

C. F. avec AFP

— 

Un homme est mort après avoir été grièvement blessé vendredi soir lors d'un contrôle d'identité à la gare du Nord à Paris, dans le 10e arrondissement. Quatre policiers avaient ouvert le feu après que l'homme, un Algérien de 40 ans, a sorti une arme.
«Au lieu de montrer sa carte d'identité, il a présenté une arme», raconte un brigadier de la police sur France Info.

«Six ou sept détonations»

Vers 19h20, quatre policiers du Service régional de la police des transports (SRPT) contrôlaient un homme au comportement suspect devant une boutique de la galerie marchande du sous-sol de la gare - le magasin Foot Locker, a indiqué à «20 Minutes» un commerçant présent sur les lieux. Au moment où les policiers du SRPT ont décidé d'emmener l'individu dans un autre endroit, ce dernier a sorti un pistolet d'alarme à grenaille et a tiré deux fois, selon la préfecture de police (PP) de Paris. L
es policiers auraient répliqué, le blessant à l'abdomen et au pied.

Dans un premier temps, l'homme a été transporté à l'hôpital Bichat dans un état grave, selon les pompiers qui l'ont pris en charge. Il est décédé de ses blessures, a-t-on appris de source proche de l'enquête vers 23h20.
«La mort d'un homme, c'est dramatique. Pour celui qui décède, évidemment, mais pour celui qui a tiré aussi», dit un policier présent sur les lieux du drame.

L'incident s'est produit à une heure de forte affluence. «J'ai entendu six ou sept détonations», raconte à «20 Minutes» Julien Kleefled, un voyageur qui remontait du quai du RER B vers la galerie marchande. «Tout le monde s'est accroupi, les boutiques ont fermé leurs stores, il y a eu un mouvement de panique», témoigne-t-il, précisant que la sécurité est arrivée juste après.

Violents affrontements en mars

Selon la PP, les fonctionnaires du SRPT effectuaient des contrôles d'identité dans la gare du Nord sur réquisition du procureur de la République. Dans la soirée, les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, saisis par le parquet de Paris, procédaient aux premières investigations.
Les quatre policiers ont été entendus dès vendredi soir par l'inspection générale des services (IGS, la police des polices), a indiqué samedi le parquet de Paris. Ils n'ont pas été placés en garde à vue.

Légitime défense

L'hypothèse de la légitime défense est privilégiée, en l'état des investigations, a ajouté le parquet. Les syndicats policiers précisent qu'avant le tir, les policiers ont à plusieurs reprises sommé l'homme de baisser son arme.

Le 27 mars, un contrôle de billet avait dégénéré gare du Nord, provoquant de violents affrontements entre plusieurs bandes de jeunes et forces de polices.