Procès Inaya à Melun: 25 ans de réclusion requis contre le père, 15 ans contre la mère

JUSTICE Grégoire Compiègne et Bushra Taher Saleh sont coresponsables de la mort de leur fillette de 20 mois, selon l'avocat général...

Jane Hitchcock

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La cour d'assises de Melun juge les parents d'Inaya depuis jeudi 29 octobre.
La cour d'assises de Melun juge les parents d'Inaya depuis jeudi 29 octobre. — Martin Bureau AFP

Vingt-cinq ans de réclusion criminelle contre Grégoire Compiègne, 15 ans contre son ex-compagne Bushra Taher Saleh. Ce sont les peines que l’avocat général Marc Mulet vient de réclamer à la cour d’assises de Seine-et-Marne à l’encontre des parents de la petite Inaya, 20 mois, battue à mort, disparue pendant un an et retrouvée, dans des sacs-poubelle, enterrée en forêt de Fontainebleau le 23 janvier 2013. Ils ont « co-agi » dans ce décès « peut-être » accidentel mais ils en sont coupables tous les deux malgré leur déni, donc, pour le représentant du ministère public. « Son réquisitoire était déchirant », confie Christine-Djamila Allaf, secrétaire générale de l’association Innocence en danger, l’une des nombreuses parties civiles.

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Ils ont gardé le secret pendant un an

Interrogée à plusieurs reprises sur les circonstances du décès de son enfant, l’accusée a répété depuis jeudi 29 octobre, jour de l’ouverture du procès qui se déroule à Melun, que si elle se sentait responsable de ne pas avoir su la protéger de la violence de son ex-conjoint, elle n’avait rien à voir avec la mort d’Inaya. La seule « constante » dans cette affaire est que Bushra Taher Saleh, 29 ans, et Grégoire Compiègne, 26 ans, ont avoué tous les deux avoir enfoui sous terre le corps de la petite fin 2011 et avoir dissimulé les faits pendant un an afin que les services sociaux, qui les suivaient, ne leur enlèvent pas leurs deux enfants encore vivants et… pour ne pas aller en prison.

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Deux versions, aucune vérité

Durant toute l’audience, les accusés se sont ainsi rejeté la faute du décès, qui n’a jamais pu être daté précisément. Pour l’un, Inaya est morte à la suite d’une grave brûlure au front pendant sa douche et à des secouements très violents. Pour l’autre, la petite a succombé à des coups de poing et à des coups de pied. Deux versions, aucune vérité, de la part des parents. Inaya, c’est sûr, d’après les médecins légistes, a été victime d’un traumatisme crânien survenu dans « un probable contexte de violences régulières ». L’autopsie a révélé des fractures au niveau des côtes.

Pour la défense de Grégoire Compiègne, récidiviste encourant la perpétuité, et Bushra Taher Saleh qui risque une peine maximale de 30 ans de réclusion, Mes Fatthi Irguedi et Jean Chevais plaideront à partir de 13h30. La cour et le jury populaire se retireront ensuite en salle des délibérations. Le verdict est attendu dans la nuit.