Île-de-France: La SNCF veut un mois de novembre « zéro fraude »

TRANSPORT 300 contrôleurs et 100 agents de la police ferroviaire sont mobilisés ce jeudi sur des opérations de contrôles des titres de transport. Cela ne fait qu’annoncer la couleur du mois à venir…

Fabrice Pouliquen

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, 25 contrôleurs et dix agents de la Suge, la police ferroviaire de la SNCF, bloquaient la totalité des sorties de la gare Saint-Denis pour une opération de contrôle des titres de transport.
, 25 contrôleurs et dix agents de la Suge, la police ferroviaire de la SNCF, bloquaient la totalité des sorties de la gare Saint-Denis pour une opération de contrôle des titres de transport. — F. Pouliquen / 20 Minutes

« Vos titres de transports s’il vous plaît ». Attendez-vous à entendre cette injonction dans les prochains jours dans les gares et les trains d’Île-de-France. Les voyageurs transitant par la gare Saint-Denis n’y ont en tout cas pas coupé ce jeudi matin. Dès 7h, 25 contrôleurs et dix agents de la Suge, la police ferroviaire de la SNCF, bloquaient la totalité des sorties de la gare. Même le portique d’entrée, cassé depuis plusieurs mois, n’a pas échappé à leur vigilance. « Depuis qu’il est ouvert aux quatre vents, les fraudeurs ont pris l’habitude de sortir en douce par ce point », explique, pas dupe, un agent de la Suge.

Un mois de novembre « zéro fraude »

La SNCF a prévenu : après un mois d’octobre consacré à faire de la pédagogie sur l’importance de l’achat et de la validation des titres, novembre sera le mois « zéro fraude ». La compagnie ferroviaire en avait fait une première démonstration mercredi, en bloquant totalement la gare du Nord, pour une opération de contrôles des titres des transports. « Nous avions déjà mené une opération de la sorte par le passé, gare du Nord, confie Michel Bendjiriou Françoise, responsable sûreté et lutte anti-faude sur les lignes H, B et K. Mais c’était bien la première fois que nous le faisions avec une telle ampleur. » Ce jeudi, la SNCF passe à une vitesse supérieure en mobilisant 300 contrôleurs appuyés par 100 agents de la Suge sur six opérations de contrôle. Celles-ci s’étaleront sur la journée et sur toute l’Île-de-France, avec pour objectif de dresser quelque 5.000 PV.

Le jeu du chat et de la souris

C’est que la fraude a un coût : 63 millions d’euros de manque à gagner pour l’Île-de-France. « Sans compter le sentiment d’injustice qu’elle fait naître du côté des usagers en règle », évoque Céline Sibert, directrices des lignes H, B et K. Déjà en septembre 2014, la SNCF annonçait faire de la lutte contre la fraude l’un de ces chevaux de bataille et augmentait d’ailleurs ces amendes de 35 à 50 euros en février.

Sur le terrain, les contrôles s’adaptent aussi aux techniques des fraudeurs. « Nous alternons les blocages complets de gare, comme ce jeudi, et les opérations menées par des petits groupes de contrôleurs, très mobiles pour éviter d’être repérés sur les réseaux sociaux. » Une autre astuce consiste à contrôler deux fois la même gare dans le mois pour coincer les fraudeurs récidivistes. « Avec une seule amende de 50 euros sur mois, ils s’en sortent plutôt à bon compte. Deux, c’est déjà plus cher que le montant mensuel du Passe Navigo unique. »

Les agents en gare bientôt assermentés ?

Alain Krakovitch, directeur général Transilien à la SNCF, espère aussi faire intervenir du nouveau personnel dans la lutte antifraude en assermentant les agents en gare d’Île-de-France qui seraient volontaires. « Ils ont pour l’instant une mission d’accueil des clients, explique-t-il. En les assermentant, ils pourraient exiger à voir les titres de transports des usagers, comme les contrôleurs actuellement. » Et lutter ainsi contre le fameux « saut-de-mouton » au-dessus des portiques contre lequel ils n’ont pour l’instant rien droit de faire. La demande a été formulée auprès du ministère de l’Intérieur et suit actuellement son cours.