JO 2024: Ce jeudi, Paris choisit son village olympique

JEUX OLYMPIQUES C’est l’un des dossiers clés de la candidature de Paris au JO de 2024. Qui du Bourget, de l’Île-Saint-Denis ou de Pantin accueillera les 10.500 sportifs et leurs 6.500 accompagnants? Réponse ce jeudi...

Fabrice Pouliquen

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Le village olympique devra offrir le gîte, le couvert et le repos aux athlètes mais aussi une proximité avec les sites de la compétition dont notamment le stade de France.
Le village olympique devra offrir le gîte, le couvert et le repos aux athlètes mais aussi une proximité avec les sites de la compétition dont notamment le stade de France. — DURAND FLORENCE/SIPA

Pantin, avec vue sur Paris ? L’Île-Saint-Denis-Pleyel et ses bords de Seine ? Le Bourget-Dugny et son immense parc George-Valbon ? Trois sites, tous en Seine-Saint-Denis, sont en course pour accueillir le village olympique des JO de 2024. 20 Minutes fait le tour des candidats avant le vote final, ce jeudi à 15h..

Les jeux sont-ils déjà faits ?
Le nom d’un favori a effectivement transpiré: le projet Pleyel-L’Île-Saint-Denis. « Les médias racontent ce qu’ils veulent, répond Etienne Thobois, directeur général de l’association Ambition Olympique. Le conseil d'administration se réunit ce jeudi, lui seul tranchera». Bertrand Kern, le maire de Pantin, n’a pas baissé les bras. « De ce que j’ai entendu, le site du Bourget serait écarté de la course et accueillerait plutôt le village des médias. Les deux autres candidatures seraient au coude à coude. »

Comment sera choisi le site ?
Le conseil d’administration se réunit à 15h au stade de France pour voter. Ils seront 19 à la table. Dix personnes issues du monde sportif et neuf politiques, représentant de l’Etat, de la région et de la ville de Paris. Ils ne prendront pas leur décision ex-nihilo. « Les trois candidatures ont été passées au crible depuis février dernier, explique Etienne Thobois. Il y a eu 40 réunions techniques, nous avons travaillé avec des urbanistes ou encore sondé 130 athlètes de haut niveau. » Le tout a débouché sur une note attribuée à chacun des trois sites qu’Ambition olympique garde secret.

A quels critères devaient répondre les trois sites ?
Il y a bien entendu une question de place. Le village olympique devra héberger et nourrir 17.000 personnes durant la compétition, dont 10.500 sportifs. Il faudra compter quelque 40 hectares. Six critères ont ensuite été pris en compte. « Le retour d’expérience des athlètes que nous avons sondés d’abord, raconte Etienne Thobois. La reconversion du village une fois les JO terminés a été le deuxième critère. Nous voulions ensuite un site facilement accessible en transport, à moins de 30 minutes de 80 % des installations sportives. La fonctionnalité du site, sa soutenabilité financière et environnementale et sa faisabilité technique ont été les trois autres critères pris en compte. »

Les points forts et faiblesses de chacun ?
Le projet de Pantin, dont l’entrée se fera par la porte de la Vilette, et celui de Pleyel-l’ïle-Saint-Denis, à deux pas du stade de France, jouent la carte de la proximité avec Paris et les lieux de compétitions. Tout en préservant un cadre bucolique : la Seine pour Pleyel-l’Île-Saint-Denis ; le parc de la Villette pour Pantin.

Les points faibles? A l’Île-Saint-Denis, le projet serait couteaux et complexe à aménager. Quant à Pantin, le souci, c’est le périphérique qui couperait en deux le village olympique et qui compliquerait la sécurisation du site.

Quant au site du Bourget, il a beau être bien desservi par les transports en commun, il pâtit de son éloignement de Paris. Le site dispose toutefois de grands espaces facilement aménageables. La présence d’aéroports à proximité amènerait aussi leur lot de nuisances.

Quelle reconversion pour ces sites ?
A Pantin, le village olympique serait constitué de pavillons en bois. « 80 % de ces structures resteront sur site et seront transformées en logement, bureaux ou équipements. A l’Île-Saint-Denis, le village olympique se grefferait à « l’écoquartier fluvial » pensé avant la candidature de Paris aux JO 2024. Il en serait même un accélérateur puisqu’il permettrait d’accélérer l’enfouissement de lignes à haute tension et la construction d’un mur anti-bruit sur l’A86. Au Bourget, on évoque plusieurs pistes de reconversion. Mais les chambres des sportifs devraient pour l’essentiel rester sur place et devenir des logements, des locaux pour des entreprises ou des centres de formations.