Interview Pierre Polivka, directeur de l’académie de Paris

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les écoles primaires, quels ont été les ajustements qui ont suivi la rentrée des classes ? Nous avons constaté une baisse des effectifs des élèves par rapport aux prévisions des uns et des autres. Il y a encore 10 000 places vacantes... La FCPE avait annoncé un raz-de-marée, et il y a moins d’enfants présents. Mais nous nous étions engagés à ne pas fermer de postes à la rentrée. Et pour répondre aux situations qui paraissent les plus tendues, nous avons décidé d’ouvrir sept classes de maternelle et cinq classes élémentaires. Est-ce suffisant ? Il y a ce que les gens demandent et ce que nous comptons faire. Notre objectif de scolarisation des enfants de 3 ans est atteint, celui des petits de 2 ans en ZEP également. Ceux qui auront 3 ans à la fin de l’année sont scolarisés dans la plupart des cas. Quel est le climat social ? Nous avons reçu les syndicats, qui nous ont fait part de leurs revendications : assistants d’éducation, retrait des jours de grève, manque d’effectifs. Mais nous ne sentons pas de tension particulière. Ressentez-vous le malaise des enseignants ? J’en suis conscient. Les enseignants ont manifesté leur souci d’être davantage reconnus et respectés. Quels sont les atouts de l’école à Paris ? Un réseau très dense d’établissements, des professeurs plus qualifiés et plus expérimentés. Et ses handicaps ? Il y a de très forts contrastes sociaux avec les établissement qui accueillent des enfants en difficulté. De plus, les élèves parisiens sont moins motivés qu’en province. Il y a un paradoxe à Paris : en dépit de bonnes conditions de travail, les résultats constatés sont inférieurs aux résultats attendus. Quels sont vos priorités pour cette année ? Approfondir le travail pédagogique afin d’améliorer les performances de l’école et les relations entre le primaire et le collège. Et les nouveautés ? Nous allons multiplier par trois les moyens de prévention de l’illettrisme dans le 1er degré et par quatre ceux mis à disposition de l’alternance au collège. Nous souhaitons aussi accentuer la prévention contre la violence et les dérives communautaristes. Propos recueillis par V. Cuisinier