Procès des parents d'Inaya à Melun: « Le couple est pathologique »

JUSTICE La petite fille de 20 mois a été enterrée en forêt de Fontainebleau après avoir été battue à mort. Son père et sa mère sont jugés devant la cour d'assises de Seine-et-Marne...

Jane Hitchcock

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La cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun, juge depuis jeudi les parents de la petite Inaya, battue à mort et enterrée en forêt de Fontainebleau.
La cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun, juge depuis jeudi les parents de la petite Inaya, battue à mort et enterrée en forêt de Fontainebleau. — J. H.

20h01 : Ce live est désormais terminé. Cette cinquième journée d’audience a été marquée par les auditions du frère aîné d’Inaya, âgé de 5, puis de 6 ans au moment des enregistrements vidéos réalisés par la brigade des mineurs. L’enfant a parlé des violences de son père à son encontre. A-t-il assisté à la mort de sa petite sœur ? Nul ne peut le confirmer.

La matinée a également été rythmée par les déclarations de Bushra Taher Saleh, l’accusée. Interrogée sur les circonstances du décès de son enfant, la jeune femme a répété que, si elle se sentait responsable de ne pas avoir su la protéger, elle n’avait rien à voir avec la mort d’Inaya.

L’après-midi a, lui, été consacré aux rapports de l’expert psychiatre. Pour le docteur Vincent Mahé, le couple que Bushra Taher Saleh et Grégoire Compiègne formaient est « pathologique ». Si l’un et l’autre étaient dotés d’« armes », bien que différentes, elles étaient égales : Grégoire Compiègne, l’« écorché vif » avait la force physique pour lui, Bushra Taher Saleh, l’« inauthentique », avait le discours « digressif et alambiqué » pour elle.

>> A lire aussi : Le « pacte » d’un couple « pathologique »

19h50 : Inaya n’a pas bénéficié de « l’instinct » que tout parent est censé avoir avec ses enfants

La présidente note que pour la première fois aujourd’hui, Grégoire Compiègne a relevé la tête et regarde la salle.

L’oncle poursuit : « Ce n’est pas à nous d’enterrer nos enfants. Je lui en veux, à ma sœur. Est-ce que j’ai cru ce qu’elle a dit lundi ? Il y a l’instinct, de père, de mère… Elle n’a pas eu cet instinct-là, cette gamine [Inaya]. Je suis dans le flou… Je veux être là pour les enfants [encore vivants du couple] ».

19h38 : « Je lui en veux, de tous ses mensonges. J’ai moi-même des enfants, c’est trop dur »

L’oncle d’Inaya « le commissaire m’a appris qu’ils avaient découvert le corps de ma nièce enterré dans des sacs-poubelle en forêt. J’étais au travail. Je ne devais pas craquer. J’ai tenu jusqu’à la fermeture du magasin, je travaillais dans une boutique de vêtements, je suis rentré, j’ai vu mes parents, et je leur ai dit que leur fille était placée sous mandat de dépôt ». La présidente Catherine Katz demande à la partie civile : « J’ai cru comprendre que votre père en voulait à Madame Taher Saleh. Quelle est votre position vis-à-vis de sœur ? ». « C’est ma sœur, j’étais complice avec elle, je ne peux pas imaginer… Je lui avais dit de laisser Monsieur Compiègne, qu’il ne lui arriverait que des malheurs avec lui… Je lui en veux, de tous ses mensonges. J’ai moi-même des enfants, c’est trop dur. » La présidente toujours : « Et par rapport au secret qu’elle a tenu pendant un an autour de la mort d’Inaya ? » « Je ne peux pas imaginer tout ça. C’est trop dur. »

19h09 : « Juste en le voyant, avec son style un peu hautain, arrogant qu’il était, je ne l’ai pas aimé »

« Je suis vraiment désolée de ce qu’il s’est passé. J’ai dit la vérité papa », lance l’accusée Bushra Taher Saleh à son père, appelé à se rasseoir dans la salle d’audience.

C’est au tour de l’oncle d’Inaya de témoigner. « Juste en le voyant, son style un peu hautain, arrogant, je ne l’ai pas aimé, d’emblée », dit-il de Grégoire Compiègne. « Ma sœur avait vécu quelque temps chez nous. J’étais heureux d’avoir un neveu [le frère aîné d’Inaya], vraiment. Et puis elle a eu son appartement et, un jour, elle est venue avec des bleus. Elle refusé de déposer plainte, elle a juste accepté de faire une main courante : ça m’a énervé. »

18h51 : Le père de l’accusée n’a jamais pratiqué de « sorcellerie »

« Ce que je souhaite pour mes petits-enfants, c’est leur offrir une meilleure vie », dit avec beaucoup d’émotions le père de Bushra Taher Saleh à la barre de la cour d’assises. Il est maintenant interrogé par l’avocat général Marc Mulet, à qui il assure ne jamais avoir pratiqué de « sorcellerie » de sa vie. « Je ne suis pas religieux. Je crois en l’islam mais je suis modéré », justifie-t-il. L’accusé Grégoire Compiègne, père de ses petits-enfants, avait déclaré au début du procès que son ex-femme avait provoqué la mort d’Inaya en lui criant « Satan, sors de ce corps » tout en la secouant violemment. Bushra Taher Saleh se serait rebellée durant son adolescence, ne se reconnaissant pas dans l’éducation religieuse stricte que ses parents auraient voulu lui inculquer, d’après elle.

18h01 : « Entre Monsieur et son fils, c’est Monsieur, que Madame privilégiait »

« On avait le sentiment qu’entre Monsieur Compiègne et son fils, négligé, mal habillé, c’est Monsieur Compiègne que Madame privilégiait », poursuit l’enquêtrice sociale.

Le père de Bushra Taher Saleh, gardien d’immeubles, est appelé à la barre. Il veut parler des origines de son enfants, importantes. « Je suis né en Malaisie, j’ai rencontré la mère de Bushra, Vietnamienne, au Yémen. On s’est mariés en 1982. Notre fils aîné est né l’année d’après. Bushra est arrivée par la suite… J’ai appris l’anglais, l’arabe littéraire. Avec la situation au Yémen, je ne pouvais pas élever correctement mes enfants… On est arrivés en France en 1989. Bushra allait bien la première année mais celle d’après, elle a eu des difficultés. Elle arrivait en retard à l'école. Je n'étais pas très attentif à son travail scolaire mais elle est allée jusqu'en 6e. Et puis son caractère a changé, ses fréquentations aussi... D'un coup, elle s'est mise à sécher les cours », raconte le père de l’accusée.

17h41 : L’enquêtrice de personnalité est appelée à la barre

L’enquêtrice de personnalité retrace l’enfance de Grégoire Compiègne. Sa naissance, son abandon, son adoption. Les problèmes de comportement, les fugues, l’internat en classe de 6e, jusqu’à la 4e et qu’il arrête l’école. « Il a réussi à mettre la zizanie dans la famille » d’accueil qui l’a recueilli. « A partir de 15 ans, cela va être une succession de foyers, d’affaires de vols avec violence, et de placements. A 18 ans, à sa sortie de prison, il va faire la connaissance de Bushra Taher Saleh, dont il tombera amoureux tout de suite », raconte l’enquêtrice.

17h37 : L’interrogatoire de l’accusé aura lieu en soirée

L’audience est reprise. La présidente Catherine Katz annonce le programme de la soirée : elle veut entendre l’enquêtrice de personnalité, puis le père et le frère de Bushra Taher Saleh et « enfin, nous passerons à l’interrogatoire de Monsieur Compiègne [finalement, cet interrogatoire a été reporté à jeudi matin] ». Celui de l’accusée a eu lieu dans la matinée : la mère de famille a de nouveau avoué se sentir responsable de ne pas avoir su protéger ses enfants et surtout Inaya qui, d’après elle, est morte sous les coups de son ex-compagnon, Grégoire Compiègne.

17h12 : « Si je n’ai pas parlé d’emprise dans mon rapport, c’est que pour moi, ça n’en relevait pas »

Le défenseur de Bushra Taher Saleh interroge toujours l’expert psychiatre qui a examiné sa cliente. Me Jean Chevais rappelle ce mot, « le pacte », utilisé pour décrire le secret que les parents ont tenu pendant un an autour de la mort de la petite Inaya. L’enfant est en effet décédée sans doute fin 2011 (aucun des deux accusés n’a su dater la mort) et ses parents - ils l’ont reconnu - ont décidé d’enterrer le corps en forêt, pour le dissimuler aux services sociaux qui les suivaient, afin qu’ils ne leur enlèvent pas les deux enfants encore vivants et/ou pour qu’ils n’aillent pas en prison. « Le secret, ce pacte, de quoi était-il fait ? », demande l’avocat. « D’un intérêt collectif familial, et d’un intérêt individuel. Sa nature est un mélange de sentiments », répond l’expert. « Je regrette que nous n’ayez pas parlé d’emprise », abonde l’avocat de Bushra Taher Saleh, qui a dénoncé des violences conjugales pour expliquer son silence. « Si je n’en ai pas parlé c’est que, pour moi, ça n’en relevait pas. »

17h16: L'audience est suspendue pour un quart d'heure.

16h42 : « C’est extrêmement violent, un enfant qui refuse d’appeler sa mère maman »

Me Fatthi Irguedi, le défenseur de Grégoire Compiègne, demande au Dr Mahé si le fait qu’Inaya n’appelait pas Bushra Taher Saleh « maman » a pu provoquer sa colère. L’expert l’assure : « C’est extrêmement violent, un enfant qui refuse d’appeler sa mère maman. C’est nier la place de mère à une femme et cela peut expliquer la colère qu’elle avait ».

Me Jean Chevais, le défenseur de Bushra Taher Saleh, a lui aussi des questions pour le psychiatre. D’abord, il veut savoir si le frère aîné d’Inaya pourrait, un jour, plus tard, raconter ce qu’il s’est passé. « S’il a vu ce qu’il s’est passé, effectivement. Peut-être. »

« Vous avez dit qu’elle réfléchissait peu, qu’elle était fragile, aussi. Alors je suis surpris de vous entendre dire qu’il n’y a pas de différence dans la hiérarchie de ce couple, au discours analogique. De plus, ma cliente n’est pas poursuivie pour des violences contre les deux enfants vivants du couple, au contraire de Monsieur… », s’étonne Me Chevais. Le docteur Mahé prend le temps de poser sa réponse, choisit ses mots, et estime que l’un et l’autre des parents d’Inaya a des « armes », bien que différentes. Pour l’expert, Grégoire Compiègne a la force physique, Bushra Taher Saleh, elle, la parole. L’influence dans le couple, en conséquence, est réciproque. « Le lien qui les unit n’est pas seulement celui du registre des violences et de la peur : ils avaient de l’amour l’un pour l’autre, un projet en commun, des carences émotionnelles… »

16h31 : Selon l’expert, Bushra Taher Saleh a pu manipuler son fils pour qu’il dise que c’est son père, qui le frappait

Le docteur Vincent Mahé pense que l’accusée peut réussir à manipuler une personne, même expérimentée, dit-il à Me François Baroin qui lui a posé la question. L’avocat général Marc Mulet veut savoir, lui, si la mère de famille a pu préparer une stratégie de défense avec la complicité du frère aîné d’Inaya. « Pensez-vous que Madame Taher Saleh a pu manipuler son fils, alors âgé de 4 ans et demi, pour qu’il dise spontanément aux éducateurs puis aux policiers que c’est son père qui le tapait et non pas elle ? » « Cela s’est déjà vu mais je ne peux pas me prononcer sur ce cas particulier. »

16h17 : Le « déni total » des deux accusés, entre qui « il n’existe pas de hiérarchie », « ne rassure pas »

Le rapport de l’expert est terminé. La partie civile peut l’interroger. Me Marie Grimaud, représentante de l’association Innocence en Danger, demande : « Quels effets de l’arrivée d’un enfant, dans un tel couple pathologique ? » « Tout dépend du projet et de la place attribuée à l’enfant lorsqu’il était imaginé avant sa naissance. » « Et avec cette position forte de déni, que peut-on espérer pour l’avenir des deux enfants encore vivants du couple ? » « Ce déni total ne rassure pas… La capacité maternelle et paternelle est défaillante et comme aucun ne le reconnaît… »

Une autre avocate de la partie civile demande au docteur Mahé s’il existe une sorte de hiérarchie dans le couple, en matière de personnalité. « Non. Lui, est plutôt dans le conflit violent et elle, dans le registre de la pirouette et du changement de discours. Pour moi, il n’existe pas de hiérarchie dans le couple. »

16h09 : Les parents d’Inaya ont un discours analogue et auto-centré, estime le psychiatre

Comme pour Grégoire Compiègne lors de son examen il y a deux ans, l’expert psychiatre note que Bushra Taher Saleh n’a pas, elle non plus, inspiré de chagrin particulier à la suite de la disparition de sa fille Inaya. « Son discours est là aussi auto-centré. Il y a une analogie, entre les deux accusés… Leurs réponses sont les mêmes. Tous les deux sont caractériels, tous les deux sont intolérants à la contrainte… Les deux positions se placent en miroir et sont caricaturales », dépeint le docteur Vincent Mahé.

15h57 : Le rapport accablant du médecin sur l’accusée, et le couple « pathologique » qu’elle formait avec le père d’Inaya

« Ses explications sont d’une certaine puérilité, elles sont immatures. Je ne recommande pas de prise en charge en termes de soins : elle ne se remet pas du tout en question », analyse le docteur Vincent Mahé, pour qui Bushra Taher Saleh, l’accusée, est totalement accessible à une sanction pénale.

La présidente Catherine Katz demande à l’expert s’il peut rebondir sur cette « emprise » dénoncée par l’accusée vis-à-vis de Grégoire Compiègne. « Il y a emprise et emprise. Il y a emprise de fait quand l’un est supérieur à l’autre mais nous ne sommes pas dans ce schéma. Il y a emprise quand l’un est victime de l’autre et que la personnalité change. Nous ne sommes pas dans ce schéma non plus. Je dirais que le couple est pathologique : il y a un équilibre, avec un projet de famille idéale, des sentiments… Elle a un caractère et elle a des ressources, elle est capable d’inventer des choses. » Accablant.

15h46 : Bushra Taher Saleh est « inauthentique », pour l’expert psychiatre

« J’ai eu un vrai problème : je ne sais pas quelle crédibilité accorder à son discours », commence le docteur Vincent Mahé. « Son élaboration intellectuelle n’est pas très élevée, un peu limitée. Elle préfère répondre avant de réfléchir. Mais ce n’est lié à aucune psychose (déformation de la réalité). Sur le plan psychiatrique, elle est indemne de toute maladie mentale. »

Sa personnalité. « Son discours, exclusivement victimaire, est extrêmement alambiqué et il est difficile de s’y retrouver. Symbole d’inauthenticité ? C’est mon impression. On note des troubles du caractère : la frustration et la colère montent assez rapidement chez elle. Elle est dans l’auto-apitoiement. Par rapport à ses parents, à son ex-compagnon, à sa place sociale… Rien n’est de sa faute et elle ne se remet pas en question. Son portrait de mère ? Résolument positif, ne comportant aucune auto-critique : elle n’a rien à se reprocher. »

15h44 : Grégoire Compiègne, un « écorché vif » qui ne frappe pas sans raison

A propos de Grégoire Compiègne, Me Fatthi Irguedi demande encore à l’expert psychiatre : « Ses réactions d’autodéfense, sont-elles liées selon vous à son enfance ? Car, lui, se décrit comme virulent. Alors que les autres, comme un écorché vif. Qu’en pensez-vous ? » « Ce terme d’écorché vif me convient bien : il ne frappe pas sans raison. »

L’expert va passer à l’examen de Bushra Taher Saleh, dont le discours a été « à géométrie variable et ce n’est pas peu de le dire… »

15h31 : L’expert psychiatre explique le comportement d’un père sans doute égocentrique

Lorsqu’il habitait dans le Nord, Grégoire Compiègne a frappé son fils aîné, alors que celui-ci était âgé d’à peine un an, parce que ce « dernier lui aurait manqué de respect », rappelle l’avocat général Marc Mulet, qui demande à l’expert psychiatre si ce comportement, justement, n’est pas la preuve d’un comportement délirant. Le docteur Vincent Mahé répond sans hésiter : « Il ne s’agit pas là d’un comportement délirant mais de la réaction d’un égocentrique. L’accusé a sans doute eu l’impression que son enfant avait fait une bêtise exprès pour l’embêter. C’est un indice du trouble de la personnalité mais pas d’une pathologie mentale ».

Me Fatthi Irguedi, le défenseur de Grégoire Compiègne, prend à son tour la parole. « L’examen réalisé en 2006 [l’accusé était alors adolescent] a-t-il pu évoluer ? » « Effectivement mais je l’ai vu [Grégoire Compiègne] plusieurs fois et j’ai éliminé la maladie mentale. » L’avocat de l’accusé renchérit sur les liens du couple, qualifiés de fusionnels. « Je devine que les liens au sein du couple sont très complexes. Ils ne forment pas l'équilibre d'un couple ordinaire », répond le Dr Mahé.

15h09 : L’identité de l’accusé, abandonné puis maltraité, s’est mal construite « mais cet homme n’est pas schizophrène »

Me François Baroin, représentant de l’association La Voix de l’Enfant, demande à son tour à l’expert psychiatre si l’accusé présente des troubles de la personnalité de type borderline. « Oui, on peut le dire. Pour autant, là non plus, ce n’est pas une maladie mentale. » « Vous l’avez qualifié d’auto-centré, plaintif, vous avez souligné sa faible tolérance à la contrainte mais vous n’êtes pas allé sur le terrain de l’emprise, un terme dominant de ce procès », demande encore Me Baroin au Dr Mahé, invité par la présidente à répondre plus tard à cette question.

L’avocat général Marc Mulet se lève et interroge l’expert. « D’autres ont noté, en 2006, un trouble de l’identité alimenté par un délire de filiation. Or, Grégoire est bien le prénom que la mère biologique a donné à l’accusé avant de l’abandonner… N’est-il pas schizophrène ? » Le docteur Mahé : « Il n’est pas rare chez des enfants abandonnés qu’ils s’inventent un père imaginaire. Pour autant, ce n’est pas du délire. S’il s’était agi, à l’époque, d’une psychose, elle se serait aggravée : une psychose ou une schizophrénie ne se guérit pas toute seule. Nous sommes dans un mode de pensée projectif, pas dans un délire de persécution. La faille identitaire reflète les carences précoces en bienveillance, amour, attention… Son identité s’est mal construite : il n’a pas connu son père, a subi des violences et autres maltraitances… Il pense que tout le monde est contre lui peut-être, mais je récuse la pathologie mentale ».

14h57 : « Très souvent, le psychopathe réagit par la violence »

Lors de l’examen, qui a eu lieu en 2013, Grégoire Compiègne « se posait en conjoint parfait, victime des reproches de sa femme, maléfique, pour qui il avait des sentiments. Est-ce que la relation est aussi équilibrée qu’il le dit ? Je serais prudent… Il a probablement tenté de reconstruire une famille, idéale, je peux en convenir. Pendant l'examen, on était sur des plaintes auto-centrées sur sa situation, plus que sur le chagrin sur sa fille Inaya. Là, on était plus sur le souci d’expliquer comment ça s’est passé que sur l’émotion », estime le docteur Vincent Mahé, expert psychiatre. « Qu’entendez-vous par personnalité psychopathique ? », demande la présidente Catherine Katz. « Ce terme médical décrit des troubles graves du caractère comme l’intolérance à la frustration, l’impulsivité… Ce n’est pas une maladie mentale. Très souvent, le psychopathe réagit par la violence. »

14h51 : L’accusé et ses « troubles de la personnalité »

Grégoire Compiègne, 26 ans aujourd’hui, « a une faible tolérance à la contrainte. Ses troubles du caractère sont apparentés à des traits psychopathiques, d’où ses troubles de la personnalité. Il se présente comme un père n’ayant jamais été violent à l’égard de ses enfants [alors qu’il a été condamné par la cour d’appel de Douai à des violences contre son jeune fils], ni de sa femme. Il m’est donc difficile d’élaborer là-dessus. Il ne se remet pas en question par rapport à sa fonction paternelle », poursuit le Dr Vincent Mahé, expert psychiatre, qui ne doute pas que l’évolution de sa personnalité soit liée à l’abandon précoce dont l’accusé a été l’objet.

La présidente Catherine Katz demande au médecin si l’accusé lui a parlé d’une agression sexuelle dont il aurait été victime à l’adolescence, alors qu’il venait de fuguer. "Non."

14h40 : L’audience a repris, avec le docteur Vincent Mahé, expert psychiatre

Le médecin va commencer par l’examen psychiatrique de Grégoire Compiègne, l’accusé, père de la petite Inaya. « Il est doté d’une intelligence normale et il est donc en mesure d’évaluer la portée de ses actes. Il ne présente pas d’antécédents psychiatriques et n’a aucun symptôme de maladie mentale. Il est normal », relève le praticien, qui aborde maintenant les traits de personnalité de l’accusé. « Son discours est très digressif, long, justificatoire. Sa vie a été marquée par pas mal d’accidents [il a été abandonné, placé en foyers et a dénoncé des violences de la part de l’homme qui l’a adopté]. Auto-centré, auto-indulgent, il se pose en victime. »

13h06 : « Ce n’est pas facile d’être accusé d’une chose qu’on n’a pas commise »

Le défenseur de Bushra Taher Saleh, Me Jean Chevais, a pris la parole voilà dix minutes et… n’a toujours posé aucune question à sa cliente quand, enfin, il lui demande : « Avez-vous tout dit ? ». « Oui, j’ai tout dit Maître. » « Qu’attendez-vous de ce procès ? » « D’être condamnée pour la non dénonciation, mais pas pour avoir entraîné la mort d’Inaya. »

La présidente demande subitement à l’accusé Grégoire Compiègne pourquoi il n’a pas regardé les vidéos de son fils ce matin et pourquoi il ne montre pas son visage à la cour. « Ce n’est pas facile d’être accusé d’une chose qu’on n’a pas commise », répond-il simplement.

L’audience est suspendue jusqu’à 14h30.

12h56 : L’accusé Grégoire Compiègne est invisible

Le père d’Inaya est plié en deux, sur une chaise, dans le box des accusés de la cour d’assises de Seine-et-Marne. Son ex-compagne explique depuis le milieu de la matinée que c’est lui, qui a provoqué la mort de leur enfant. L’homme, aujourd’hui âgé de 26 ans, devra lui aussi se soumettre à l’interrogatoire des avocats après la suspension d’audience.

12h44 : « C’est vrai qu’Inaya ne m’a jamais appelée maman mais je l’aime »

C’est désormais à la défense, d’interroger l’accusée Bushra Taher Saleh. Et c’est Me Fatthi Irguedi, l’avocat de Grégoire Compiègne, le père d’Inaya, qui se lève en premier. « Comment avez-vous eu le courage de masquer toutes vos émotions, devant vos collègues de travail, où vous arriviez en plus avec le sourire, alors même que vous passiez tous les jours devant l’endroit où vous aviez enterré votre fille [dans le secret absolu, en forêt de Fontainebleau] ? C’est hallucinant ! »

« Tous les jours, je passais voir ma fille, oui. J’empruntais justement ce chemin pour m’arrêter et lui parler. Le sourire au travail ? Il était de façade. C’est vrai qu’Inaya ne m’a jamais appelée maman et que je ne l'ai pas assez connue mais je l’aime », répond l’accusée.

12h31 : Les avocats de la partie civile poursuivent leur interrogatoire de l’accusée, qui ne lâche rien

« J’étais lâche. C’est vrai. Est-ce que je pensais à moi d’abord ? Si vous le dites… », concède Bushra Taher Saleh, la mère d’Inaya, à Me Vanina Padovani, l'avocate de l’association L’Enfant Bleu.

« A vous voir vous débattre dans ce discours dans lequel vous vous êtes enfermée, ce serait de la cruauté que de poursuivre sur ce terrain-là et la cruauté, ce n’est pas mon fort », assure le représentant d’Enfance et Partage, Me Rodolphe Constantino, manifestement peu convaincu par la défense de cette jeune femme, centrée sur elle-même, qui a dénoncé des violences conjugales pour expliquer le fait qu’elle n’avait pas tenté d’aider ses enfants.

12h21 : Inaya avait deux surnoms, « Yaya » et « la grosse »

L’avocate demande : « Vous appeliez Inaya « Yaya ». D’accord. Alors, qui a écrit ce mot découvert chez vous, disant qu’il fallait « chercher une crèche pour la grosse », autrement dit Inaya ? ». Bushra Taher Saleh : « C’est Monsieur Compiègne qui m’avait dit de faire un pense-bête pour « la grosse ». C’est lui, qui l’appelait comme ça, parce qu’elle mangeait beaucoup ». Me Marie Grimaud manque de s’étrangler : « Comment ? Elle mangeait beaucoup dites-vous ? Elle avait justement des problèmes d’alimentation et en voyant ses photos - que d’ailleurs d’autres que vous nous ont remises car il n’y en avait aucune d’elle à votre domicile -, personne n’a eu l’impression qu’elle était bien en chair, cette enfant ! ».

12h10 : « Pourquoi, ces enfants qui sont votre chair, vous ne les défendez pas au péril de votre vie ? »

« J’aurais dû prendre un couteau et le tuer », dit finalement à l’accusée à l’avocat général, en parlant toujours de son ex-compagnon, qu’elle accuse d’avoir provoqué la mort d’Inaya.

Excédée elle aussi, la présidente Catherine Katz demande à Bushra Taher Saleh : « Est-ce vous, qui avez été hospitalisée ? Est-ce vous, qui avez eu des fractures ? Est-ce vous, qui avez souffert de ces maltraitances ? A côté du drame vécu par vos enfants… Quand on voit votre fils, quand on voit votre dernier enfant, avec les traces de coups au visage… Pourquoi, ces enfants qui sont votre chair, vous ne les défendez pas au péril de votre vie ? » « Parce que j’avais peur de Monsieur Compiègne. Il me menaçait. » Langage de sourds.

L’accusée insupporte aussi Me Marie Grimaud, l’une des représentantes de la partie civile. « Après tout ce qu’on a vu ce matin, et alors que vos parents sont sortis de la salle, vous continuez avec le même discours ? ». L’avocate de l’association Innocence en danger veut savoir si l’accusée connaissait vraiment ses enfants. « Votre fils, quel était son plat préféré ? » « Les frites. » « Sa plus grande peur ? » « Le noir et son père. » « Ce qui le faisait rire ? » « Les dessins animés ou quand je dansais avec lui. » « Et Inaya ? » « Elle pesait 2,9 kg à la naissance. Je l’appelais Yaya. » « Je ne vous demanderai pas quels ont été ses premiers mots puisqu’elle était placée mais… qu’est-ce qu’elle aimait ? » « Elle aimait jouer aux voitures avec son frère. Elle pleurait tout le temps car elle ne voulait pas rentrer dans l’appartement, elle voulait aller chez son assistante familiale, qui lui manquait. Je la prenais dans mes bras pour la rassurer. » Bushra Taher Saleh « n’a pas eu le temps » de connaître davantage Inaya.

11h57 : « Mon crime, est de ne pas avoir protégé mes enfants »

« Il [Grégoire Compiègne, le père des enfants] m’a toujours dit que s’il tombait, il ferait tout pour que je tombe avec lui. Il m’a dit : les flics, je les connais, c’est des malins [l’accusé a déjà été condamné pour des violences sur son fils avant sa mise en examen pour la mort d’Inaya]. Moi, c’est la première fois que je me retrouve devant un tribunal », plaide toujours l’accusée, en parlant de son ex-compagnon.

Dubitatif, l’avocat général poursuit : « Comment, dans ce contexte, avez-vous pu ne pas protéger vos enfants de cet homme s’il a été capable de faire quelque chose d’aussi monstrueux que de verser de l’eau bouillante sur sa tête ! ? ». Bushra Taher Saleh a toujours affirmé qu’elle était elle-même régulièrement battue par son ex-compagnon. « Mon crime, est de ne pas avoir protégé mes enfants. Vous croyez que je dors bien ? Je regrette infiniment. Je n’ai pas eu le courage, ni de me protéger, ni de les protéger. »

Le magistrat s’emporte : « Arrêtez de parler de vous ! Est-ce que vous vous mettez à la place d’Inaya, que vous avez laissée agoniser pendant plusieurs jours ? Votre fille, à qui on a tondu les cheveux. Votre fille, à qui on a cassé des côtes ! ». Réponse de l’accusée : « J’étais menacée ». L’avocat général : « Quand on voit son enfant en train de mourir, on ne pense pas à soi ».

11h47 : « Je ne vous dirai pas quelque chose que je n’ai pas fait »

« Je crois que c’est cette brûlure au front d’Inaya qui est à l’origine de tout. Cette eau bouillante qui a été versée sur son crâne au moment de sa douche », estime l’avocat général, qui tente de faire dire à la mère que la petite est morte à la suite de cet « accident ». « J’ai suivi beaucoup de cas de maltraitances à enfants et j’ai vu ce cas plein de fois. Dans cette situation, quand l’enfant est brûlé, on ne sait plus quoi faire… D’autant que vos enfants avaient été déjà placés par le passé, vous aviez peur qu’on vous les reprenne », insiste le magistrat du parquet. « Sincèrement, ça ne s’est pas passé comme ça. Je ne vous dirai pas quelque chose que je n’ai pas fait. C’est lui [Grégoire Compiègne, le père d’Inaya] qui a provoqué cette brûlure. Ce jour-là, je rentrais des courses avec mes deux autres enfants et je l’ai trouvé [le co-accusé] avec Inaya, qui pleurait », déclare Bushra Taher Saleh.

11h36 : L'avocat général essaie toujours de faire parler l'accusée

« J’étais sous son emprise. Il me manipulait », reprend l’accusée, qui répond aux questions de l’avocat général Marc Mulet. « Il est violent, il est impulsif. » Le représentant du ministère public : « Oui mais… les problèmes d’hygiène constatés chez vos enfants ? Qu'en avez-vous à dire ? Il n’y a pas que la violence que vous dénoncez ! ». Bushra Taher Saleh répond qu’elle « travaillait tout le temps. Je faisais des choses pour mes enfants quand j'étais avec eux. ».

11h29 : « Il est de votre intérêt de nous dire la vérité »

« Il est de votre intérêt de nous dire la vérité », lance l’avocat général, Marc Mulet, à Bushra Taher Sale, 29 ans, toujours debout dans le box des accusés, toujours en train de pleurer. « J’ai demandé à vos parents qu’ils ne soient pas dans la salle. J’aurais voulu que Monsieur Compiègne soit absent aussi, durant votre témoignage. Il ne faut pas que vous ayez peur. Les jurés sont là pour savoir ce qu’il s’est passé. Il faut vous lâcher : vous avez trop menti, vous avez trop joué la victime et ça s’est retourné contre vous ». Le magistrat du parquet enchaîne les questions. « C’est lui, qui voulait fonder une famille. Cela se passait mal avec vos propres parents et puis vous vous êtes retrouvée à la rue… » « On est allés d’hôtel en hôtel, oui, exactement », répond l’accusée. « Dès le départ, les éducateurs vous ont tendu la main, quand il s’est agi des violences commises à votre encontre et à l’encontre de votre fils. Et puis à chaque fois, vous avez trouvé des excuses à Monsieur Compiègne. Pourquoi ? » « Quand il a été mis au courant de mes dénonciations, il me frappait. »

11h18 : L’audience a repris, avec de nouvelles photos d’Inaya.

La présidente Catherine Katz présente de nouvelles photos de la petite Inaya. Son père, Grégoire Compiègne, garde sa tête baissée dans le box. Sa co-accusée, Bushra Taher Saleh, se lève à l’appel de la magistrate, qui lui demande de prendre la parole.

« Cela fait deux ans et demi que je n’ai pas vu mes enfants », dit la mère en pleurant. « C’est un choc, d’entendre parler mon fils. De le voir. » La présidente : « Votre fils a-t-il assisté à l’habillage de sa petite sœur avant que vous ne la mettiez dans les sacs ? ». « Non, il a dit qu’elle était en robe car il l’avait déjà vue habillée comme ça. »

10h52: Me Jean Chevais, le défenseur de la mère d'Inaya, Bushra Taher Saleh, demande une suspension d'audience, qui lui est accordée.

10h49 : « La violence parentale est certaine », note l’expert

L’expert psychologue a noté dans son rapport que le frère aîné d’Inaya, placé en famille d’accueil, était au moment de l’examen sous neuroleptiques et anxiolytiques. L’enfant, agité, présentait d’importants troubles du comportement et avait été exclu de plusieurs foyers.

« Il a du mal à fixer son attention. Son traumatisme est si important qu’il se réfugie dans l’imaginaire en construisant des histoires mais il n’est pas dans le mensonge : il est à la recherche d’une aération psychique rassurante. La violence parentale est certaine. Le vécu de la disparition d’Inaya est complexe. La peur de son père explique la colère qu’il ressent contre ses sœurs, qu’il rend responsable de la séparation », estime la psychologue.

10h37 : « Papa et maman faisaient des bêtises puis papa a jeté Inaya de là-haut et après, elle était morte »

« Aujourd’hui, est-ce que tu voudrais revoir papa ? », demande l’enquêtrice au frère aîné d’Inaya dans la vidéo. « Oui… et maman », répond sans hésiter l’enfant, alors âgé de 6 ans. Le visionnage des enregistrements est terminé.

La présidente Catherine Katz fait désormais une lecture du rapport d’expertise psychologique du garçon. « Papa et maman faisaient des bêtises puis papa a jeté Inaya de là-haut et après, elle était morte. Papa était méchant avec maman. » C’est ce que l’enfant a dit spontanément à la psychologue mandatée pour l’examiner.

10h26 : « Maman, elle a pleuré et après, elle est partie en prison »

« Inaya, elle est morte. Elle avait du sang sur le ventre. Après, elle est partie à l’hôpital. Elle portait une robe et des chaussures de princesse. » L’enquêtrice demande au frère aîné d’Inaya de décrire la réaction de ses parents ce jour-là : « Maman, elle a pleuré et après, elle est partie en prison ».

« Papa était méchant avec d’autres personnes que toi dans la famille ? » « Oui, des gens qui étaient venus pour habiter. Je sais pas si papa était méchant avec maman. Il était méchant avec Inaya. Il lui a mis un coup de pied et un coup de poing et après il l’a jetée contre la fenêtre. » La policière : « C’est toi qui le dis ou on t’a dit de dire ça ? ». « Non mais Inaya n’était pas morte », cette fois-là, « elle est partie à l’hôpital ». Seuls les grands-parents maternels de l’enfant ont des droits de visite médiatisés avec le garçon.

10h14 : « Papa a voulu me mettre un gros coup de pied et un gros coup de poing »

La présidente insère dans le lecteur le dernier CD, du 3 juillet 2014. Le frère aîné d’Inaya est âgé de 6 ans, à cette date. L’accusé Grégoire Compiègne, père de l’enfant, est atterré, il se cache dans le box. La magistrate le rappelle à l’ordre, pour qu’il relève la tête.

« Maman, elle m’a fait un gros câlin. Et papa a voulu me mettre un gros coup de pied et un gros coup de poing », dit spontanément le garçon à l’enquêtrice de la brigade des mineurs qui l’interroge. Grégoire Compiègne avait été condamné par la cour d’appel de Douai pour des violences aggravées sur son fils. Récidiviste, il risque dans ce procès de la mort d’Inaya la réclusion criminelle à perpétuité.

« Tu sais où sont tes parents ? » « En prison. » « Tu sais pourquoi ils sont en prison ? » « Parce qu’ils ont fait des bêtises. »

10h03 : « J’ai deux sœurs mais je ne me souviens pas d’Inaya »

La présidente Catherine Katz demande à l’huissier de diffuser l’audition du 17 février 2013, cette fois. A cette époque, cela faisait près d’un mois que les accusés étaient mis en examen pour la mort de leur fille Inaya. Et que les deux enfants encore vivants du couple étaient placés.

Le grand frère d’Inaya, alors âgé de 5 ans, apparaît de nouveau sur les trois écrans de la cour d’assises. Il parle encore de « bêtises ». En citant son père, Grégoire Compiègne, 26 ans aujourd’hui. « Il a mis du sang, au nez, sur le nez à moi », dit-il au policier qui lui demande de montrer son nez, puis… « J’étais réveillé et papa est parti et maman est partie », raconte l’enfant. Il s’agit sans doute du jour où ses parents sont allés enterrer Inaya en forêt, dans le plus grand secret… « J’ai deux sœurs mais je ne me souviens pas d’Inaya », dont il était pourtant très proche, selon l’assistance familiale qui a accueilli les deux petits chez elle, pendant un an, entre 2010 et 2011.

9h57 : « Inaya, elle est partie »

« Inaya, elle est partie. Chez les infirmières », répond l’enfant aux deux policiers qui lui posent des questions dans la vidéo. « Tu as combien de soeurs ? », lui demandent-ils encore. « Deux. » Effectivement, après Inaya, le couple a eu un troisième enfant. Qu’il a d’ailleurs tenté de faire passer pour Inaya auprès de ses grands-parents maternels fin 2012, quand elle était déjà morte et enterrée.

9h47 : Le garçon a été entendu par la police à trois reprises alors qu’il était âgé de 5, puis 6 ans.

Le frère aîné d’Inaya a été auditionné pendant cinquante minutes en tout. « Papa, il fait des bêtises. Il tape. Il me tape. Papa tapait dans la maison », peut-on entendre dans la salle d'audience. Bushra Taher Saleh et Grégoire Compiègne regardent les écrans attentivement. Aucun d’eux ne montre d'émotions. C'est pourtant la première fois que les parents d'Inaya revoient leur fils depuis leur placement en détention provisoire, en janvier 2013.

9h40: L'audience est reprise avec le témoignage vidéo du frère aîné d'Inaya.

Ce mercredi, la cour d'assises de Seine-et-Marne poursuit les débats avec les trois auditions enregistrées du grand frère d'Inaya, âgé de 7 ans.