Paris: L’offre privée d’autopartage se fait une place sur la voirie

VOITURE La ville de Paris inaugure ce jeudi 226 places de stationnement réservées à cinq entreprises de services de véhicules partagées. Et ce n’est qu’une première étape…

Fabrice Pouliquen

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L'une des stations de véhicules autopartagées de l'entreprise Zipcar créées en voirie à Paris.
L'une des stations de véhicules autopartagées de l'entreprise Zipcar créées en voirie à Paris. — Photo Zipcar

A Paris, les sociétés de services de véhicules partagés vont sortir du placard. Ou plutôt des parkings souterrains, où ces entreprises étaient jusque-là confinées. A l’image de l’Américain Zipcar, filiale du loueur Avis, arrivé en septembre 2014 avec 60 stations concentrées pour l’essentiel dans les premiers arrondissements de Paris.

A l’époque déjà, Etienne Hermite, le directeur général de Zipcar France, comme d'autres entreprises du même secteur, demandaient à obtenir de la place en voirie pour mieux faire connaître cette offre peu connue du grand public. Un an plus tard, c'est chose faîte. La mairie de Paris inaugure ce jeudi 226 places de stationnement en surface, réservées aux entreprises de services d’autopartage en boucle [le véhicule doit être ramené à la station où il a été emprunté]. Zipcar est le grand gagnant de l’opération puisqu’elle récupère 98 de ces 226 places créées en voirie. Les quatre autres entreprises à en bénéficier sont Communauto, Ubeeqo, Bluecarsharing et IER.

Une offre complémentaire à Autolib

Ces stations seront dispatchées dans les vingt arrondissements de la capitale et installées le plus possible à proximité de celles d’Autolib, le service d’autopartage de voitures électriques de la ville de Paris. « Les deux services sont complémentaires et non concurrents », insistent Etienne Hermite comme Christophe Nadjovski, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des transports et de l’espace public. Autolib’sert pour des déplacements intramuros de courte durée et de courte distance. Zipcar et les autres sont plus appropriés pour des déplacements longue distance. « Une location classique chez nous se fait sur la demi-journée et concerne un déplacement compris entre 50 et 100 km, détaille Etienne Hermite. Les Parisiens utilisent nos véhicules pour sortir de Paris, faire des courses, rendre visite à de la famille. »

Ces 226 places de stationnement ont été créées sur des emplacements jusque-là réservés à du stationnement classique. Leur nombre a fondu comme neige au soleil depuis le début des années 2000 [il y en avait alors 200.000] pour faire place aux vélibs et autolibs. Christophe Nadjovski invite toutefois à relativiser : « Il reste 140.000 places de stationnement à Paris », indique-t-il.

Une première étape seulement

Surtout Christophe Nadjovski ne voit dans ces 226 places qu’une première étape. Il y a près de 580 stations réservées aux autolibs aujourd’hui dans la capitale. On peut octroyer la même place aux offres privées de véhicules partagés au cours du mandat. » L’élu y voit une alternative forte à la voiture individuelle : « Un véhicule autopartagé remplace sept véhicules individuels et donc libère six places de stationnements. Un individu qui lâche sa voiture individuelle pour les transports en commun ou l’autopartage diminue ses émissions de gaz à effet de serre de 290 kg de CO2 par an. »

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