Paris: Encore mieux que le recyclage, l’upcycling pointe le bout de son nez

COP21 « 20 Minutes » s’associe au Pavillon de l’Arsenal pour parler économie circulaire et s'intéresse cette semaine à l’upcycling, qui vise à transformer les objets usagers et leur donner une valeur ajoutée. Les ateliers fleurissent un peu partout à Paris…

Fabrice Pouliquen

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L'Etablisienne dans le 12e arrondissement accueille régulièrement des ateliers d'upcycling.
L'Etablisienne dans le 12e arrondissement accueille régulièrement des ateliers d'upcycling. — F.Pouliquen / 20 Minutes

Une ampoule grillée peut très bien devenir un vase, une palette en bois fera une parfaite table basse, et puis pourquoi ne pas faire d’une vieille chaîne de vélo une corbeille ou d’une planche de skateboard une étagère ? C’est bien simple, sur le papier, on peut pratiquement tout faire dans un atelier d’upcycling.

Des ateliers sur le parvis de l’hôtel de ville

Au croisement du « do it yourself » et de l’économie circulaire, la discipline fait mieux encore que le recyclage. « L’idée n’est plus de détruire un objet usagé pour en faire totalement autre chose, mais de le transformer, de lui donner un autre usage, une valeur ajoutée », raconte Jérémie Triaire, designer du collectif Prémices.

Depuis un an et demi, il organise avec ses deux associés des ateliers « chutes libres » qui se déplacent dans tout Paris, là où il y a de la matière première disponible. Dans les musées par exemple, « où la mise en place de nouvelles expositions génère beaucoup de chutes », détaille Jérémie Triaire. Mais aussi, en octobre dernier, sur le parvis de l’hôtel de ville où la construction du pavillon circulaire a laissé des planches en bois et divers autres matériaux de côté.

Plutôt que de les jeter, les Parisiens étaient alors invités à transformer ces chutes en bureaux, étagères, tabourets, meubles à chaussures, des luminaires… « Puisque ces quatre jours d’ateliers ont très bien marché, il n’est pas impossible qu’on renouvelle l’expérience d’ici fin janvier et la désinstallation du pavillon circulaire », raconte Jérémie Triaire.

« L’essentiel est d’être malin »

Quoi qu’il en soit, le collectif Prémices n’est pas le seul à tenir des ateliers upcycling dans la capitale. Depuis trois-quatre ans, ils fleurissent même un peu partout. L’atelier de libre-service L’Etablissienne (12e) et La REcyclerie (18e) en accueillent ainsi régulièrement. La designeuse Talalilala propose aussi des ateliers upcycling pour agrémenter votre enterrement de vie de jeune fille ou faire du team-building. Le risque que l’activité fasse un flop est limité. « Il n’est pas forcément besoin d’être bricoleur pour s’y mettre, l’essentiel, c’est d’être malin », martèle Talalilala.

Pour Laurence Sourisseau, fondatrice de l’Etablisienne, cette nécessité d’inventer, de mener une réflexion, est la première raison du succès des ateliers d’upcycling. Au-delà même de l’intérêt de pouvoir décorer son appartement à moindres frais. « Nous avons beaucoup de trentenaires dans ces cours, observe Laurence Sourisseau. Leur métier les met devant un ordinateur ou les plonge toute l’année dans les chiffres sans qu’ils voient toujours la finalité. L’upcycling, c’est l’occasion de renouer avec du concret. Ils ont besoin de toucher, de réapprendre à faire quelque chose de ces mains. » Talalilala confirme : « on entend souvent des participants s’exclamer ne pas avoir touché à une paire de ciseaux depuis la maternelle ».